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INTERVIEW NASTY SAMY pour le fanzine BAD SCENE, EVERYONE'S FAULT

« Premier numéro, première interview pour Bad Scene Everyone’s Fault, surement pas la dernière pour notre gazier, s’imposant véritablement comme le boss du punk rock français, l’homme (ayant signé un pacte avec le diable, est-il nécessaire de le rappeler ??) est une véritable machine à tubes et aura résisté à plus d’une vague musicale « à la mode »… Portrait d’un homme n’ayant pas la langue dans sa poche, Misteeeeer Saaaaamy Naaaaastyyyyyy !! » -Tof/BSEF

[Note : l'interview date de 2009, je viens juste de remettre la main dessus et je me suis rendu compte que je n'ai jamais reçu de copie du zine (basé dans le Nord de la France), je ne sais même pas s'il a été publié...le mystère plane!]

1- Salut Sam, la forme ? Alors pour ceux qui ouvriraient la première fois un fanzine, peux-tu te présenter s’il te plait ?
Yep, grande forme, comme d’hab’ ! Nasty Samy derrière la vitre, j’ai joué de la guitare ou de la basse dans quelques groupes : Second Rate (punk rock mélo), Hawaii Samurai (surf music), Lost Cowboy Heroes (punk rock’n’roll/power pop), Hellbats (heavy rock/crossover punk metal) ; En ce moment je joue de la guitare dans the Black Zombie Procession (crossover punk rock mélo-metal-horror rock) et dans Teenage Renegade (pop punk-rock mélo) et Teenage Mixtape (la version acoustique de Teenage Renegade, en duo, avec que des reprises dans la set-list), je joue aussi de la basse dans the Last Brigade (grungy 90’s rock) et Billy Gaz Station (indie-rock 70s) pour quelques mois seulement.
A côté de ça, ou dans la continuité de ça dirais-je, ça fait un bail que j’écris dans divers fanzines et magazines, en ce moment j’édite le fanzine Everyday is like Sunday (un numéro par an), j’écris dans Rise Tattoo Magazine (dispo dans tous les kiosques), j’anime un podcast (Now it’s Dark Podcast) et gère mon propre site www.likesunday.com.
Grosso modo, voilà le truc.

2- Vers quel âge t’es tu senti « attiré » par le rock et toute la culture qui va avec ? Quels ont été les groupes qui t’on marqué à cette époque ?
J’ai écouté du rock très tôt, je dirais aux alentours de 10/12 ans… Mon père avait bon goût en la matière, c’est lui qui m’a fait découvrir des groupes géniaux comme les Ramones, Dead Kennedys, Stray Cats, OTH, Killing Joke, Sex Pistols, Chuck Berry, Led Zep’, les Smiths, Sonic Youth, etc… il écoutait beaucoup de très bons trucs, du rock, du punk mais aussi de la bonne pop anglaise et des trucs indie ricains, ça m’a branché tout de suite… et de mon côté j’écoutais un max de hard rock et de metal avec mes potes. D’ailleurs, ce sont toujours ces styles de musique que j’écoute. Rien n’a changé sur les étagères de ma discothèque.
Les groupes qui m’ont marqué à cette époque, pour la plupart, me mettent toujours dans un sacré état quand je les écoute aujourd’hui… same old story !
Je suis né à la fin des années 70, j’ai donc traversé les années 80s et 90s… deux périodes très riches musicalement, cinématographiquement et culturellement globalement… Dans tous les styles, il y a eu des groupes qui ont posé leurs empruntes, et qui continuent d’influencer les groupes d’aujourd’hui… Au niveau du metal, j’ai connu l’éclosion du thrash et du death metal, du crossover et du power metal, tous les grands noms du metal actuel ont commencé dans les années 80 ou début 90, j’ai passé ma scolarité à acheter ou copier des k7 de Metallica, Slayer, Megadeth, Entombed, Exodus, Anthrax, Sacred Reich, etc… Cannibal Corpse, Deicide, Morbid Angel sont les ancêtres du metal extrême, ces groupes ont commencé puis explosé quand j’étais au collège… à l’époque, c’était relativement pointu, maintenant ce sont des locomotives du genre… je suis également de la génération Nirvana, et ça c’est assez exceptionnel, tout ça que ça a pu drainer, ce que les medias appelaient grossièrement le grunge ou l’alternative rock…. Alice In Chains, Soundgarden, Smashing Pumpkins, Screeming Trees, Pearl Jam, Dinosaur Jr, Pixies, pour les plus connus, et puis toute la partie cachée de l’iceberg : Tad, Love Battery, Skin Yard, Gruntruck et des centaines d’autres…. Et les autres styles aussi, le hard core (de New York), le punk rock mélo (toute la vague californienne)… C’est simple, tu ne pouvais pas éviter les groupes à guitares à cette époque, dans toutes les teufs, dans beaucoup de bars et même sur certaines chaînes de la TV (les débuts de MTV, M6 tard le soir), tu pouvais regarder des clips ou écouter les single de groupes à grosses guitares… Même les festivals de l’époque étaient truffés de groupes qui envoyaient la sauce, et c’était des trucs quasi mainstream… Maintenant, c’est le festif, les fanfares, l’electro, le disco rock, le garage hype, etc… rien à voir ! C’est un phénomène sans précédent dans l’histoire de la musique, et qui ne se reproduira plus… Honnêtement, je me sens très chanceux d’être né à cette période charnière des années 70s et 80s, puis d’avoir évolué dans les années 80s et d’avoir été spectateur des débuts des énormes groupes des années 90s… Donc pour en revenir à ta question, les groupes qui m’ont marqué à cette époque, tu comprendras que ça va être difficile de tous te les énumérer sachant que c’est quasiment tout ce que j’écoute. Pour schématiser je dirais toute la scène de Seattle pour le grunge/indie début 90s, la scène Hard rock de Los Angeles et du Sunset Strip (motley crue, guns and roses, etc) pour les mid 80, la scène thrash de la Bay Area (San francisco/Oakland/Berkeley) et la scène de Tampa pour le death metal. Et bon, on est encore loin du compte…

3- Comment définirais-tu le rock de manière générale ? Que penses-tu de la scène « Punk-Rock » hexagonale actuelle ? Y’a-t-il des groupes de « d’jeun’z » pour lesquels tu « trippes » ?
Non, le rock, je n’ai pas spécialement envie de le définir, c’est un terme qui a tellement été souillé. Le rock est sensé être une musique de rébellion, différente du reste… un truc d’ado’ éternel. Un truc qui n’est pas à la mode, qui ne correspond pas à une coupe de cheveux ni des fringues, ni un son en particulier… En 2009, tout est rock, mais en fait rien ne l’est. C’est un terme que j’ai utilisé pour certain de mes groupes, mais vu la transformation sémantique du terme, je préfère parler de punk rock (moderne) pour la musique qui me concerne. Je ne me sens absolument pas proche de l’imagerie rock actuelle, de cette scène et de ses groupes. En ce qui concerne les groupes de punk rock actuels, je croise souvent les mêmes… Globalement je dirais que je ne me sens pas très proche de la scène punk (alterno) en français. Pas la même génération, pas les mêmes préoccupations. Que personne le prenne mal, mais les sujets traités et la manière dont sont envoyés les morceaux, on peut pas dire que ça me parle. Dommage pour moi, en ce moment, 70% des jeunes groupes punk rock hexagonaux chantent en français et imitent les groupes que je ne supportais déjà pas quand j’étais au lycée, il y plus de 15 ans. C’est une mode passagère, ça passera.

4- Tu as joué dans de nombreux groupes, as-tu eu à chaque fois la sensation « d’avoir fait ton taff » d’avoir arrêté au bon moment ou au contraire as-tu été plusieurs fois frustrés de n’avoir pas amené le groupe ou tu l’aurais voulu musicalement ?
Quand tu montes un groupe, tu ne sais jamais trop où ça va s’arrêter… Perso’, je n’ai jamais rien calculé. L’important est de faire ce que tu as envie, de la manière dont tu as envie. En ce qui me concerne, je n’ai que des bons souvenirs, ça m’a permis d’apprendre sur le tas, de voyager énormément, de rencontrer et de collaborer avec pas mal de personnes hyper intéressantes (des labels, des musiciens, des ingénieur du son de studios, des illustrateurs, des fanzineux, des organisateurs de concerts, etc…). Si je n’avais pas eu ces expériences, avec Second Rate ou Hawaii Samurai, et avec les autres groupes qui ont suivi, je ne sais pas ce que j’aurais fait… Avoir un boulot fixe ne m’a jamais branché, je ne suis pas fait pour vivre une petite vie pépère et programmée à l’avance. La musique m’a permis d’être toujours en mouvement, d’être créatif, de réaliser des trucs auxquels je n’aurais même pas pensé quand j’étais plus jeune… Même si c’est toujours resté à un niveau underground, ça m’a fait réfléchir à ce que je voulais vraiment faire de ma vie et à comment je pouvais réaliser mes envies et mes idées. Je prends ça comme une grande leçon. A chaque fois je fais le maximum pour mes groupes, j’y investis beaucoup de temps, d’énergie et d’argent, je fais du mieux que je peux, suivant les moyens qu’on me donnent, en apprenant un peu plus à chaque fois… Dans un groupe, il y a plusieurs personnes, il y a un équilibre difficile à trouver. Depuis quelques années, je préfère travailler avec des musiciens que je choisi spécialement pour des disques ou des tournées, ça simplifie les choses… Et à l’inverse il y a des groupes où je ne fais que passer, où je ne suis qu’un musicien (basse ou guitare). Pour l’instant, je suis fier de tout ce que j’ai fait, à mon niveau bien entendu, chaque groupe correspond à une période et à des souvenirs, à des rencontres, comme une photographie… Il y a certains disques que je trouve moins bien que d’autres, mais rien qui ne me fasse perdre le sommeil. Mais bon, ça ne fait que commencer… ça fait 12 ans que je tourne, ce n’est que le début.

5- Tu as déjà l’air de rien un parcours assez fournis, as-tu encore des projets que tu n’as pas réalisés et qui te tiennent énormément à cœur ?
Bien sûr, et c’est exactement ça qui me fait avancer… J’ai seulement 32 ans, imagine si j’avais réalisé tout ce que je voulais faire !!! Glauque à fond ! Je vais continuer à sortir des albums régulièrement, tourner où c’est possible quand c’est possible, collaborer avec des musiciens différents parce que c’est hyper enrichissant (musicalement et humainement), publier mon fanzine, là j’ai un projet de livre (carnets de routes, de tournées, de voyages) que je voudrais publier prochainement… J’aimerais bien faire un album hyper différent aussi, comme une BO de film, genre de musique indus, mix de guitares et de samples, de programmations diverses… bref un truc qui sorte du format rock/punk rock. Et l’année prochaine, je me casse 6 mois aux Etats Unis pour faire un long road trip, ça c’est un truc que je voulais faire depuis pas mal de temps, je vais régulièrement aux USA mais c’est la première fois que j’y resterai 6 mois, le but c’est de passer (même rapidement), dans tous les états ! J’en reviendrai avec un nouveau disque de BZP, que je vais enregistrer en France avant de partir et que je vais mixer là bas…
Il y a plein d’autres trucs, mais je ne m’organise qu’une année à l’avance, rien ne sert de planifier et de se projeter trop loin… Chaque début d’année, je me fixe des buts/projets que j’essaie de réaliser au cours de l’année ou de celle qui suit. Je me lance des petits challenges, des petits défis, histoire d’épicer un peu le quotidien…
Donc, globalement, yes, plein de trucs qui me font saliver. Toujours plus de musique, de tournées, du mouvement quoi… Ne jamais trop se poser, ou alors pas longtemps. Dans l’année qui arrive, j’ai plein de projets musicaux, une tournée en tant que guitariste avec Scott Deluxe Drake (ex the Humpers, punk rock bien wild de Los Angeles, 4 albums sur Epitaph dans les 90s), une autre tournée en tant que guitariste avec Simon Chainsaw (Punk Rock’n Roll, Australie), quelques sorties de disques et collaborations cools, bref, j’essaie d’éviter l’ennui…

6- Pas mal de monde (et moi le premier …) continuent de te parler de Second Rate, en occultant parfois le reste des groupes dans lesquels tu joues, pas trop agacé de cela ?
Et ben c’est parce que tu n’écoutes qu’un genre de zique et que tu n’évolues que dans une seule scène… Il y a beaucoup de gens qui parlent d’Hawaii Samurai et qui ne connaissent que vaguement Second Rate, les scènes sont différentes, tout ce que je peux dire c’est que j’ai sorti presque autant de disques avec Hawaii Samurai et même fait presque autant de concerts (mais avec deux ans de moins d’activités) !!! Ca dépend de la couleur musicale qui te branche… Pour BZP, le public est un peu plus jeune, certains des gars qui viennent à nos concerts n’ont qu’une vision déformée des années Second Rate, ils n’avaient pas l’âge d’aller au concert à cette époque ou ne se sont intéressés à cette scène qu’après l’orage!
Après, chacun est libre de s’intéresser à ce qu’il veut. Les gens qui écoutaient Second Rate à l’époque sont dans la plupart des cas passés à autre chose, ce sont quasi tous des trentenaires aigris ou embourgeoisés (ahahhaa), certains ne s’intéressent même plus au punk rock ou au rock… la vie déroule son tapis. Perso’, je me tape de tout ça, je fais mon truc, s’il y en a qui suivent, c’est bien… J’éprouve toujours autant (voir même plus) de plaisir à enregistrer, jouer et composer qu’à l’époque de Second Rate il y a dix ans, et c’est bien ça le plus important. Maintenant, je suis un meilleur musicien et je suis plus appliqué et concerné par mes activités musicales. Tant que ça sera le cas, je continuerai en y mettant toute ma motivation et toute mon énergie.
Mais bien sûr, c’est toujours gratifiant quand quelqu’un me parle d’un de mes groupes, même plusieurs années après un split, c’est toujours cool de voir qu’on a laissé une emprunte, même infime, dans le paysage du punk rock français.

7- Quels ont été tes meilleurs sets avec tes groupes respectifs ? Quel est le meilleur souvenir que tu as de toutes ces tournées ? As-tu partagé l’affiche avec tout les groupes que tu souhaitais ou te manque t’il encore quelques groupes as ton « tableau de chasse ? » Est-ce quelque chose de motivant pour toi ?
Je n’ai pas de meilleur set, honnêtement… Je tourne régulièrement, je joue dans pas mal de groupes assez différents les uns des autres, tous ont leur propre délire… Comme je te le disais, je suis fier de tout ce que j’ai fait, je ne regrette rien. J’ai tiré des leçons de chaque tournée, à chaque fois c’est un peu plus d’expérience et de savoir faire… Croiser des bons groupes, des mauvais, jouer sur de grosses scènes, des clubs moyens ou dans des bars pourris, il n’y a pas de règle, au final tous ces éléments font l’intérêt de ce grand voyage. Ce n’est pas un seul set mais l’ensemble de toutes mes tournées et de mes disques qui m’importent…
Non, je n’ai pas partagé l’affiche avec tous les groupes que j’aime et heureusement… J’ai eu la chance de croiser quelques groupes que j’adore et respecte, c’est toujours sympa, mais ce n’est pas toujours les meilleurs souvenirs de concerts… J’ai joué avec des ricains, des suédois, des espagnols, des anglais, des allemands, des danois, des russes, des belges, des luxembourgeois, des suisses, des autrichiens, des hongrois, des japonais, des australiens, et même des israéliens, et je dois certainement en oublier… Je ne vais pas te faire une liste des groupes important pour moi avec qui j’ai joué, on y sera encore demain, mais il ya pas mal de petits groupes qui mériteraient qu’on s’attarde dessus… Encore ce week end (je reviens juste de Belgique où j’ai joué 4 concerts), j’ai joué avec des groupes inconnus mais qui étaient vraiment biens, dans des trips différents mais vraiment cools. C’est souvent ce genre de groupes qui me booste…

8- Allez, soyons fou, si tu devais former un all-star band, qui prendrais-tu comme zikos mais également pour le mix pour le mastering et pour l’artwork ?
Glenn Danzig au chant, Eddie Van Halen à la guitare, Steve Stevens à l’autre guitare, Chuck Biscuit à la batterie et Cliff Burton à la basse. Jack Endino derrière la console… Pour le mastering, n’importe quel gros studio ricain, et pour l’art work plein du gus différents me viennent à l’esprit, mais pourquoi pas Ed Repka, une nouvelle fois, avec qui j’ai déjà bossé (pour un album de BZP). Repose moi la question demain et tu aurais certainement une autre réponse. Sauf peut-être pour les 2 guitaristes.

9- On sait que tu es grand amateur des Etats-Unis, as-tu déjà essayé de jouer là-bas avec un de tes groupes ? Est-ce un projet que tu aimerais mettre en place à l’avenir ?
Faut pas exagérer non plus… Ma femme est américaine, donc effectivement je suis amené à y aller régulièrement, et je ne cache pas aimer un certain pan de la culture américaine (l’Entertainment) : le ciné ricain, le rock/punk rock/hard rock/metal/hard core ricain, la littérature ricaine, les comics, etc… Je trouve que c’est le top ! Après, je n’en rêve pas la nuit, non plus, hein… Mais c’est sûr que je suis plus attiré par les Etats Unis que par la Japon, par exemple.
Non, je n’y ai jamais joué, jamais essayé non plus… Je sais que les conditions sont dures, et je ne tourne pas pour perdre de l’argent. Si c’est juste pour dire que j’y suis allé, je préfère encore y aller en touriste. Les échos que j’en ai des groupes ricains avec qui j’ai joué en Europe vont tous dans le même sens… c’est pas terrible pour les finances, et souvent pas super pour le moral non plus.

10- Tu restes un « dinosaure » (jr ?) dans le circuit indé (ne me tape pas, je t’explique …) dans le sens ou, pas mal de groupe arrête après quelques albums, tant il est difficile de jouer en France, mais toi, tu ne t’arrêtes pas, es-tu lassé de cette situation ? As-tu déjà songé à faire autre chose ? peut être de tourner plus à l’étranger ou, au moins de loin, ça parait beaucoup plus simple de jouer ? D’ailleurs comment « placerais » tu la France par rapport aux autres pays en termes de moyen logistiques mis en place pour jouer ?
Je ne pense pas que les groupes français arrêtent parce que c’est dur de jouer en France, c’est un faux problème… Demande aux ricains, aux anglais, aux allemands si ce n’est pas dur de tourner dans leurs pays respectifs… dans certains cas ça l’est même beaucoup plus que chez nous… Non, je pense que la France est un pays très correct pour jouer, tu es payé, tu peux manger décemment, boire et dormir… bref, pas de quoi se plaindre non plus… Et jouer à l’étranger, ouais c’est plus simple si tu fais comme une bonne partie des nouveaux groupes, tu pars en vacances dans les pays de l’Est où tu es payé une misère… Pour l’instant, avec mes groupes, j’ai des labels français, une distribution française et une actualité en France (reviews dans les mags/zines/webzines, interviews, etc), donc logiquement je bosse là où j’ai les structures pour bosser correctement, ça ne va pas plus loin que ça… Et ça se passe pas mal, il y a un peu de public dans toutes les villes, il y a un circuit… Donc ne pas jouer en France pour un groupe français, je ne vois pas trop le délire du truc… C’est pas spécialement difficile de jouer en France, encore faut-il avoir les bons contacts et travailler dur dans ce sens… Il est hors de question que j’aille perdre de l’argent dans des tournées à l’étranger, je dépense déjà beaucoup pour aller dans de bons studios, pour faire des art-work cools, etc… donc si c’est encore pour perdre de l’argent en tournant dans des conditions misérables, c’est impensable… J’ai joué dans toute l’Europe avec mes groupes (Allemagne, Angleterre, Autriche, Suisse, Belgique, Espagne, Danemark, Ecosse, Hollande, Italie, Croatie, Slovenie, etc) , et il m’arrive même de booker quelques dates pour d’autres groupes à l’étranger… Je vois tout à fait comment ça fonctionne ailleurs… les conditions ne sont pas meilleures… c’est souvent que le public y est plus cultivé, surtout en matière de rock, et qu’il y plus de vrais clubs et de structures pour accueillir les groupes… mais je le répète, les conditions ne sont pas meilleures… On a encore un problème avec le rock (et punk/hardcore, et affilié) en France, mais bon… Quoiqu’il en soit, je tourne à l’étranger quand c’est possible et quand j’estime que les conditions sont correctes, je ne force pas les choses, j’ai encore beaucoup de taf à faire sur la France, mais je continue de partir de temps en temps à l’étranger… D’ailleurs, dans les mois qui arrivent, je vais jouer en Allemagne, en Belgique, en Italie, en Espagne et en Suisse…
En ce qui concerne les groupes français qui ont du mal à persévérer, il faut y voir une autre explication, c’est souvent que les musiciens passent à autre chose, ils font ça quand ils ont 20 balais, sont étudiants ou au chômage/Rmi puis quand vient le temps des responsabilités, ils rentrent dans le moule… De plus, beaucoup se rendent compte que les tournées ne sont pas aussi glamour que ce qu’ils avaient en tête, entassés dans un van, des galères, des lieux pourris, des gigs mal payés, tout le monde n’est pas prêt pour ce mode de vie. C’est pas toujours très bon pour l’ego. Ni pour les finances.
Perso’, je ne me vois pas arrêter, comme je le disais précédemment, ce n’est que le début… Je compte encore enregistrer beaucoup de disques, collaborer avec divers musiciens et tourner où c’est possible…

11- En écoutant le premier album de Teenage Renegade (très bon album à vous procurer sans hésiter d’ailleurs), on sent que désormais tu prends le temps de développer tout ce qu’il y a autours du groupe, l’imagerie, l’artwork mais aussi la couleur du son (très 90’s) autant cela semble assez « facile » pour l’artwork autant cela l’est nettement moins pour trouver « le son » qui correspondra au groupe comment t’y es tu pris ?
J’ai toujours pris le temps de développer un délire autour des groupe dans lesquels je joue (ou ai joué)… Chacun de mes groupes a son univers, je ne me suis pas plus creusé la tête pour Teenage Renegade. Second Rate avait un univers graphique qui correspondait bien à son style, Hawaii Samurai également, Hellbats, Lost Cowboy Heroes, the Last Brigade et bien sûr the Black Zombie Procession… chacun a son gimmick, tous mes groupes ont une couleur précise. Pour la production, c’est pareil… chaque disque à ses spécificités… Pour Teenage Renegade, c’est un groupe qu’on gère à deux (moi et ma femme, Madame Nasty) on évolue dans un délire très 80s et 90s, donc on a tenté de produire le disque dans ce sens…

12- Quels sont les sites internet que tu consultes le plus, tu n’as plus de TV depuis 10 ans … Pas trop dur de vivre sans Intervilles ?
Ca fait maintenant 13 ans que je n’ai plus la TV… Je n’ai pas le temps pour ça… J’ai déjà du mal à trouver du temps pour regarder un seul film par semaine, alors que mes étagères à DVD sont remplies de vieux films d’horreur que je n’ai pas encore vus ou que je rêve de revoir… J’essaie toutefois d’aller de temps en temps au ciné, c’est par période. Là, ces derniers mois, j’ai pas pu me libérer autant que je le voulais… Je privilégie la musique (répétitions des sets de mes groupes, composition de nouveaux titres, sortie de disques, etc), la lecture et l’écriture (mon zine et mon site). Et tout le boulot autour de mes groupes (booking de tournées, suivi du merch, répondre aux interviews, etc). Je travaille à mi-temps de soirée et de nuit pour aider à payer les factures et le peu de temps libre qu’il me reste, je fais du sport, pour décompresser. Je ne suis pas du genre à m’assoir dans un canapé. Toute la journée, je suis en train de bosser ou d’avancer sur un de mes projets…
En ce qui concerne le net, idem, pas le temps de surfer au hasard, j’utilise mon ordinateur comme un outil de travail… Je lis quelques blogs, et encore c’est de moins en moins le cas, le reste du temps, je book des tournées ou je bosse sur mes propres sites.

13- Tu es actuellement bassiste dans le très bon trio the Last Brigade, comme tu l’as été dans HellBat, pour quelqu’un qui a l’habitude d’avoir le contrôle de ce qu’il fait ( de part ton label, ton choix dans les musiciens etc …), n’est ce pas trop dur de devoir occulter le contrôle que tu peux avoir sur ta musique dans les groupes ou tu es « Leader » ?
Je suis actuellement bassiste dans the Last Brigade (en stand by pour l’instant, on a fait une bonne année de promo pour notre 1er album, on vient de finir la saison) et dans Billy Gaz Station… C’est avec ces derniers que je vais passer les prochains mois sur la route… Pour moi, c’est un autre truc, je ne suis que musicien, ça fait du bien de ne pas s’occuper de tout ce qui gravite autour d’un groupe. Je vais aussi passer pas mal de temps avec Teenage Renegade. Et je fais aussi quelques concerts acoustiques, en duo, Madame Nasty et moi… ça permet de remplir les périodes creuses et de se faire un peu d’argent de poche.

14- Allez, pour la route, la plage promo … Vas-y c’est à toi !!
A l’heure où vous lirez ces lignes, le 3ème numéro du Megazine Everyday is Like Sunday sera tout juste disponible. Toutes les infos sur www.likesunday.com
Du côté de la zique, je m’apprête à partir 3 semaines sur la route pour le KICKING TOUR (Teenage Renegade + Billy Gaz Station + Billy the Kill , Octobre/Novembre 2009), je jouerai donc deux sets par soir pour 20 concerts d’affilée!
J’ai également quelques concerts acoustiques prévus en Décembre et un dernier week-end pour cette saison avec Teenage Renegade.
Ensuite, pour l’année prochaine, en Février je vais partir en tournée pour 2 semaines en Europe avec Scott Deluxe Drake (ex chanteur des Humpers, LA), je l’accompagnerai à la guitare lead, et en Avril avec l’australien Simon Chainsaw, pour 20 jours également en Europe, à la guitare lead aussi.
Ensuite, je vais accompagner mon pote Jérôme, batteur/chanteur du groupe Black City Babies qui m’a demandé de lui filer un coup de main à la guitare et à la basse pour l’enregistrement du prochain Black City Babies (un CD 7 titres), et je vais enregistrer un nouveau maxi (6 titres) de the Black Zombie Procession. Ensuite, un break s’imposera, je partirai pour 6 mois aux Etats-Unis pour un long road trip qui m’amènera dans tous les coins des States. Voilà pour les prochains mois.