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INTERVIEW NASTY SAMY par le FANZINE l

INTERVIEW NASTY SAMY par le FANZINE l’OREILLE CASSEE [Novembre 2005]

Pour son retour après quelques années de silence, Laurent du fanzine culte l’Oreille Cassée se repose sur une thématique simple, efficace mais néanmoins très intéressante... poser les 2 mêmes questions à plusieurs activistes de la scène punk rock française... on y retrouve donc des musiciens, des boss de labels, des fanzineux, des organisateurs de concerts, des dessinateurs et... Nasty Samy.

1 -Qu’est-ce que le punk pour toi ?
Première chose, pour moi le punk c’est une extension du rock’n’roll... un truc de sale môme, qui te fout le banane, qui te secoue, qui te rend vivant, brûlant, qui te pousse vers l’avant, qui est bon esprit, qui te permet de t’évader du quotidien bref un truc urgent, piquant et épicé... tout le contraire de ce qu’on tente de nous faire gober au quotidien à la radio ou à la télé. On peut y parler de cul, de fun, de changements, d’amour, de haine... le punk c’est un truc qui paraît simple mais qui ne l’est pas tant que ça... le rock, le punk, c’est une culture, c’est vaste, ça commence avec quelques accords, ça continue dans des Bds, des Films, des Livres et ça continue au quotidien... le punk, le rock, c’est élégant, digne, cultivé, intelligent, c’est donc forcément dangereux... ça peut changer une vie, quand même... ça n’a donc forcément pas grand chose à voir avec une coupe de cheveux et un blouson en cuir, et ça n’a encore moins à voir avec les clowns qui essaie de te gratter un euros devant le Monoprix en écoutant Béruriers Noir... le punk, le rock, c’est des choix qu’il faut faire, c’est des concessions qu’il faut balayer du revers de la main... le punk, le rock, c’est ce que tu as décider de faire de ta vie... le punk, le rock, c’est peut-être la faculté d’éviter la connerie ambiante et tous les crétins, et ce n’est pas une mince affaire... le punk, le rock, c’est une bonne dose de misanthropie... le punk, le rock, c’est peut-être essayer d’échapper aux masses, aux tribus, aux étiquettes, aux trucs à la mode, conserver son identité... le Punk, le Rock, contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire, n’est pas forcément lié à quelques slogans politiques scandés sur 3 mauvais accords, ça serait trop facile, et je le répète, le punk c’est un truc qui paraît simple mais qui ne l’est pas tant que ça... Je pense qu’on est tous d’accord, au moins ceux qui participent à ce fanzine, pour dire que le punk est lié à une certaine idée de liberté... mais peut-être que le punk, c’est aussi et surtout agir, se débattre, ne pas baisser les bras, continuer de prendre du plaisir où il y en a, même si ça signifie naviguer à contre courant... se lever tous les matins et se démener comme un diable pour arriver à atteindre les buts que l’on s’est fixé. Le Punk, le Rock se tient forcément à distance respectable de la télé, des jeux vidéos, des drogues, de l’alcool, bref de tout ce qui rend mou, visqueux, comme tout le monde, quoi... être aux aguets, en alerte... Ma réponse est cliché, à fond... mais, bon, la question est quand même ardue, comment ne pas tomber dans le panneau... tous les punks ont leurs définitions du punk, mais je ne suis pas sûr de vouloir y correspondre... peut-être que le Punk, le Rock, ça à quelque chose à voir avec le fait de ne pas vouloir se faire enfiler trop profond... je n’en sais rien.

Mes Tontons Punks à Moi : Henry Rollins, Johnny Ramone, Jeffrey Lee Pierce, Hank Williams, Jimi Hendrix, Paul Westerberg, Bob Mould, Buck (Real Cool Killers), Johnny Cash, Deniz Tek, Jack Endino, Jello Biafra, Rocky Erickson...


2- Quels sont tes 5 disques préférés (Que tu écoutes le plus, les plus importants "historiquement" ou encore les plus importants par rapport à ton parcours, à toi de voir sous quel angle tu vas répondre...) Merci d’en faire les chroniques. Les réponses seront avec de nombreuses autres...

Ouuuuuuuuuuch... Woaouh. 5 disques ? Ta question fait mal, très mal... très, très mal quand je pense à tous les groupes géniaux que je ne vais pas mentionner... tous ces groupes qui m’ont fait rêver, qui m’ont propulsé à mille lieux des mes petites piaules et de mes petits appartements... je pourrais répondre à cette question tous les jours et à chaque fois proposer une liste différente ; d’autant plus que je ne me pose jamais ce genre de question... quand j’adore un groupe, j’adore et j’approuve l’ensemble de sa discographie... j’ai un regard d’ensemble sur la carrière d’un groupe... chaque groupe connaît des hauts et des bas, au fil des années, ils évoluent, font différents choix « artistiques », prennent diverses directions musicales, les line-up changent, ...bref, ça bouge et ça vit... et c’est ça qui est important. Mon choix s’est donc porté sur 5 disques qui m’ont permis de vraiment me mettre la tête dans ce que j’appelle le punk-rock... pas forcément ceux que j’ai le plus écouté, pas forcément ceux qui m’ont le plus influencé, pas forcément ceux qui me font décoller -direction la Lune- quand je les pose sur ma platine vinyle ou Cd, pas forcément ceux qui me font danser comme un possédé, pas forcément ceux qui men font grimacer comme un aliéné, pas forcément ceux qui me font hurler comme un dément... mais très certainement ceux qui m’ont ouvert de grandes portes, qui ont tracé la route, qui m’ont guidé, qui m’ont permis de découvrir d’autre choses, enfouies, éloignées et bien cachées... 5 disques qui m’ont permis de gratter, de creuser dans cette culture ultra riche et ultra dense qu’est le rock... 5 disques sans lesquels je ne serais pas forcément là ce soir, assis devant mon ordi, torse nu, en caleçon, pantoufles au pieds, les yeux rivés sur l’écran, une Ricoré chaude dans un mug Simpson à portée de main, la musique à donf dans mon 30 mètres carré, les murs recouvert de posters et d’affiches de groupes, de films et de monstres en tous genres... entouré d’une poignée de guitares électriques et acoustiques, de centaine et de centaine de disques, de dizaines de cassettes, les rayons de ma bibliothèque pliant sous des rangées de livres, de comic-books, de bd’s, de magazines, de fanzines... 5 disques sans lesquels je ne serais pas cet éternel adolescent attardé alors que la trentaine me pend au nez... merde, alors.

Ramones « Subterranean Jungle » (1983) : C’est mon père qui m’a fait découvrir les Ramones... il m’a filé ce vinyl alors que je devais être au collège, genre en 3ème... à l’époque, j’étais dans le trash metal, le hard rock et le punk gras et bourrin... beaucoup de groupe de la scène de la Bay Area, le cœur de la scène trash de ces années là, portaient des t-shirts, des casquettes ou des patchs des Ramones... je m’attendais à un truc ultra violent, bien rapide, un truc qui ferait frétiller le petit ado’ boutonneux que j’étais, quoi... et bien non... je me suis retrouvé avec un espèce de groupe de punk basique mais qui jouait des morceaux pop... ça m’a quand même branché immédiatement... sans compter que je commençais la guitare, et c’était carrément plus facile à reprendre que des morceaux d’Anthrax, si vous voyez ce que je veux dire... leur look était impec’, leurs refrains ultra accrocheurs et leur discographie monstrueuse... peu de temps après, j’ai entendu leur morceau « Pet Semetary » dans le film « Cimetière », adapté d’un roman de Stephen King... ce dernier étant mon auteur préféré à l’époque, il n’en a pas fallu plus pour que je devienne complètement accro aux faux frangins... Joey le freaks, Dee Dee le sauvage, Tommy le cerveau, Johnny le capitaine et le maître d’oeuvre... sans oublier leurs remplaçants : CJ l’ex GI et Marky le business man... ils m’ont toujours suivi, ont traversé mes différentes périodes et je les ré-écoute très fréquemment... inutile de préciser qu’ils ont plus qu’influencé tous les groupes de labels devant lesquels je me prosterne comme Loockout, Doc Strange, Taang ! et compagnie... j’adore tous leurs disques, avec une petite préférence pour leur dernière période... « Mondo Bizaro » est un chef d’œuvre... avec Second Rate, à nos débuts on reprenait le morceau « I believe in miracles » tiré de leur album « Brain Drain »... il y a quelques mois, je me suis procuré leur 2 DVDs, « End of the century » et « Raw », passionnant de bout en bout... et j’ai dévoré le livre « On the road with the Ramones » écrit par (leur manager de toujours) Monte Melnick et Franck Meyer (chanteur guitariste des excellents Streetwalkin’ Sheetahs)... ah, et j’ai oublié un détail de taille... je voue un culte fanatique à Johnny Ramone, la pierre angulaire du groupe, acharné de travail, de discipline, menant la barque avec une volonté de fer... sans lui, pas de Ramones, tout simplement. Sans lui, aucune trace de tous les groupes pop punk contemporains... grincheux, inquiétant, obstiné, cultivé, obsédé par la culture Américaine (horror movies, pop culture des 50’s/60’s, comic books, cartoons, bad boys des 50’s)... il représente le punk rock à lui tout seul. Que ceux qui ne sont pas d’accord avec moi attrapent les oreillons. Respect the Ramones.

Dead Kennedys « Give me convenience or give me death » (1987) : Au lycée, c’était le grand marché de l’échange de skeud... c’est pas l’argent de poche qui nous permettait de rassasier nos appétits extra vorace de jeunes loups du rock... surtout quand on avait des résultats scolaires comme les miens...tout était bon à prendre, on était là pour apprendre, même si on se la donnait gaziers à qui il ne faut pas la faire ... de véritables aspirateurs à culture... films, romans, bds et of course, musique... premiers concerts, premières meufs, premières clopes, premiers joints, premières bières... et une collection de disque qui peinait à prendre de l’ampleur... donc, le seul moyen de découvrir de nouveaux groupes et de s’en prendre plein les tympans était d’échanger les galettes avec les potes, ou de copier des cassettes... Dead Kennedys était le groupe qui revenait souvent sur les mixtapes... ils étaient à part, ils ne sonnaient comme aucun autre groupe... un discours politique radical, sans concessions, ridiculisant tour à tour politiciens véreux et citoyens models, souillant le fameux -American Way of Life-... un art-work choquant identifiable au premier coup d’œil, une musique très personnelle et une voix vraiment particulière... et, encore une fois, un groupe respecté par les groupes de trash de l’époque... difficile d’accrocher à la première écoute... mais une fois les codes déchiffrés, la baffe dans le gueule... musique rapide, stridente et grinçante, directement influencée par la surf music des 60’s... ce son de guitare ! Ils étaient très originaux mais envoyaient la purée avec des morceaux courts et très catchy. Un pote de lycée m’avait concocté avec goût une mixtape exemplaire (que j’ai encore et qui squatte très souvent l’autoradio de ma 309) qui réunissait l’album « Damage » des tout puissants Blag Flag, un album de Rich Kids on LSD et le « Give me convenience ... » des Dead Ken’... le genre de mixtape qui secoue le caboulot, quoi... et très bien pour une 1ère approche vu que c’est une compilation et qu’on y retrouve les titres phares du groupe... j’ai d’ailleurs racheté la version CD quelques années plus tard. Impossible de parler de Dead Kennedys sans mentionner le génie de Jello Biafra... son sarcasme, son cynisme, son intelligence... son label également : Alternative Tentacles, repère des groupes les plus frappées de la planètes, évoluant dans les eaux sinueuses du punk rock, de la noise, de la country, de la pop psyché... label qui a hébergé (entre dizaines d’autres) le temps de quelques galettes des groupes que je vénère comme les Thugs, Alice Donut, DOA et les Fleshies, plus récemment... Jetez une oreille, si ce n’est déjà fait, sur les disques dans lesquels le grand Jello refait son numéro : avec No Means No, avec DOA, avec Mojo Nixon, avec Lard, avec les Melvins... dans mon lycée, les Dead Kennedys était un cauchemar pour les crétins qui écoutaient Les Bérus et the Exploited... et c’est peut-être pour ça que j’ai toujours eu un faible pour ces tarés à gueules de nerds. Petit clin d’œil, avec Hawaii Samurai, on reprend le morceau « Too Drunk To Fuck », rebaptisé pour l’occasion « Too Drunk Too Surf ».

Black Flag « who’s got the 10 ½ » (1985) : Impossible de choisir un album de Black Flag et de le préférer aux autres... il faut écouter ce groupe depuis le début afin de comprendre leur évolution et se rendre compte à quel point ils ont influencé un nombre incalculable de groupes, de Nirvana jusqu’au Melvins... c’est pourquoi j’ai choisi ce live, faisant office de best of, composé d’un tracklisting piochant dans tous les albums d’un des plus grands groupes de l’histoire de la musique... enregistré lors d’une des dernières tournées du groupe (environ un an avant leur séparation), ce disque récréer l’ambiance flippante, oppressante, malsaine d’un concert du quatuor de Los Angeles... ultra carré mais ne lésinant pas sur les digressions dissonantes et expérimentales. Que dire sur Black Flag ? que c’est certainement le groupe punk rock (ou hardcore... ou les deux...) le plus talentueux, le plus besogneux, le plus original, le plus travailleur, le plus courageux et le plus dangereux... que c’est un groupe qui était composé de musiciens incroyables, charismatiques, visionnaires, tous pourvu de très forts caractères, emportant les membres dans un affrontement d’egos incessant, qui engouffrera le groupe dans un chaos sans nom, avec des changements de line-up constant, des tournées marathons, des enregistrements houleux ... Greg Ginn, guitariste unique, influencé par le jazz et la musique expérimentale mais également adorateur de Black Sabbath et de groupe heavy metal de seconde zone comme Dio, donc ne lésinant pas sur les riffs velus, membre fondateur et tête pensante du groupe, boss du label SST (qui sortait les disques de Black Flag mais également Minutemen, Saint Vitus, Husker Du, Bad Brains, Descendants, Dinausor Jr...) ; Chuck Dukowski, membre fondateur avec G. Ginn , bassiste originel, qui deviendra (après son renvoi par le même G Ginn) le manager tourneur du groupe et l’homme de l’ombre ; Bill Stevenson, également batteur des Descendents (et qui maintenant est un ingé son de renommé qui possède le studio Blasting Room qui produit bon nombre de groupe Fat Wreck et Epitaph) ; Dez Cadenna, chanteur puis 2ème guitariste du groupe (que l’on retrouve actuellement dans le reformation des Misfits) ; Keith Morris, 1er chanteur que l’on retrouvera dans Circle Jerks ; Robo, 1er batteur que l’on retrouvera dans les Misfits ; Kyra, 2ème bassiste (et ex girlfriend de Henry Rollins) plus quelques autres qui ont assuré l’interim’... et bien sûr l’immense Henry Rollins, grâce à qui le groupe trouvera enfin sa vitesse de croisière, et grâce à qui le groupe deviendra cette entité culte et dangereuse, respectée et adorée par tout fan de musique stimulante qui se respecte... Henry Rollins qui, du jour au lendemain, passera du hardcore kids lambda de Washington DC (sa ville natale où il tenait le micro pour le groupe « State Of Alert ») au chanteur du groupe le plus excitant du moment, basé à Los Angeles... employé chez un marchand de glace, tentant de maintenir son groupe à flot, traînassant ses baskets dans les clubs de concerts avec son pote Ian Mc Kay pour y écouter Bad Brains et tous les groupes de la scène locale, passionné de musique punk rock et de skate, sa vie prendra un tournant quand Chuck Dukowski le contactera pour lui proposer le poste de frontman dans Black Flag... du jour au lendemain, il lâche son job, quitte sa ville, sa famille, ses potes, traverse les Etats Unis, pour se retrouver dans un groupe qui passe sa vie sur la route... depuis ce jour, et l’enregistrement de l’album « Damage », le petit monde du punk rock/hardcore ne sera jamais plus le même... adepte de la discipline, de travail forcené, adorateur de punk, de rock 70’s, de jazz, de vieux blues, de heavy rock, il consacre sa vie à la musique... tatouages, entraînements intensifs, il sculpte son corps pour qu’il devienne une véritable arme, ou un bouclier pour se protéger de ceux qui l’entourent... s’isolant, se renfermant sur lui même, menant une vie d’ascète et se repliant sur une misanthropie extrême, il sombre dans une espèce de haine viscérale de tout ce qui respire... il ne refera surface que pour repartir en tournée ou pour faire ses spoken words dans les théâtres du mond entier... au fil des années, il touche à tout avec brio et enfile plusieurs costumes : écrivain, éditeur de livres, globe trotteur, animateur de shows radio, porteur de fonte, acteur dans des films ou publicités, multipliant les apparitions dans des talk shows, voyageurs invétérés, hyper actif jamais rassasié, à la curiosité insatiable... Après le split de Black Flag, il rebondit dans la foulée et remonte immédiatement son nouveau projet : Rollins Band, véritable rouleau compresseur au groove incroyable qui mixe la noirceur de Black Flag et la lourdeur de Black Sabbath, le tout mêlé à l’énergie primale du punk et de la noise, bref un des plus grands groupes de la planète, capable de vous marteler la tête avec des riffs pachidermiques et de vous faire flipper en vous engluant dans des ambiances ultra glauques et torturées... écoutez « The End Of Silence » et essayez de me contredire... Henry Rollins is God.

Soundgarden « Bad Motor Finger »(1992 ) : celui ci, c’est ma tante qui me l’avait offert à Noel, l’année de sa sortie (avec le plus que génial « Southern Harmony and Musical Co » des Black Crows)... cet album à changé la donne, tout simplement. Bien connu du milieu indie et ayant sorti quelques galettes sur des labels cultes comme SST et SUB POP (la plupart produit par le gourou Jack Endino), Soundgarden (fraîchement signé sur une grosse maison de disque) passe à la vitesse supérieur avec cet album... toujours ancré dans une mouvance heavy 70’s, reniflant le derrière de Black Sabbath et de Led Zeppelin , mais avec des influences punks, noises et psychés clairement affichées... cheveux longs, chemises de bûcherons, son lourd, atmosphère rampante, chant plaintif, ils préfigurent ce que va devenir le « grunge », et deviendront un des groupes les plus importants de la scène de Seattle... dans le même état d’esprit que les Melvins, Tad, Bullet Lavolta, Skin Yard, Gruntruck, Screaming Trees et consorts, ils font partie de cette génération qui ont jeté leur dévolu sur le la scène punk américaine des années 80 et sur la scène hard rock des années 70’s... une musique du diable, une bête à 2 têtes, obsédée par le gros son râpeux et des lignes de guitares sinueuses et piquantes... autant influencé par Black Flag, Saint Vitus et même 13th Floor Elevator, ce « Bad Motor Finger » comblera de nombreux fans de rock et atteindra le sommet des charts radios avec le single « Jesus Christ Pose »... grâce à eux, j’ai mis le nez dans l’immense culture du rock 70’s (heavy et psyché) et je les en remercie... ils atteindront le faîte de leur carrière avec l’album « Superunknown », un tantinet plus calibré, mais pétri d’idées incroyables et de morceaux majestueux...après avoir écumé tous les clubs des States et d’Europe, ils joueront dans les stades du monte entier, en ouverture de groupe comme Metallica, Gun’s and Roses et dans tous les plus grands festivals... leur discographie est exemplaire... Johnny Cash ne s’y ait pas trompé en reprenant leur morceau « Rusty Cage » (tiré du « Bad Motor Finger justement ») sur un de ces derniers albums...

Husker Du « Candy Apple Grey » (1987) : période grosse power pop, le trio magique continue son virage ultra mélodique amorcé dans « Flip your Wig » (décelable bien avant bien sûr, mais là, les choses sont bien claires...) ; son clean, paroles tristes, oubliez le punk hardcore rapide et rageur des débuts (alors sur le label au bon goût indiscutable SST), place à l’élégance, la mélancolie et la mélodie... un des chefs de file de la scène de Minneapolis, aux côté des Replacements et un peu plus tard de Soul Asylum (2 groupes absolument excellents). Avec ce 1er album sur une major, Husker Du deviendra LA référence de tous les groupes de la scène indie... ils ont influencé toutes la scène punk mélodique/power pop des 90’s, et toutes la scène emo des 2000’s... Absolument tous mes groupes préférés s’en réclament : Doughboys, Mega city Four, Senseless Things, Hard-Ons, Naked Raygun, Samiam, Therapy ? (qui reprendra d’ailleurs le morceau « Diane »), Jawbreaker, Dinosaur Jr, Moving Tragets, Pegboy, NRA, Lifetime, Pixies, Nirvana, les Thugs, Lemonheads et des dizaines d’autres... tous doivent leur tribut aux maîtres... une musique dépouillée, accrocheuse d’entrée de jeu, qui va droit au but, c’est à dire droit vers le refrain... encore un groupe rongé de l’intérieur par des tensions internes extrêmes et par des tournées marathon, qui seront la cause d’une séparation irrémédiable... Bob Mould remontera un très bon power trio du nom de Sugar, suite logique de Husker Du, mais avec un gros son 90’s, à situer entre Nirvana et Pixies, puis continuera sous son nom, dans une veine power pop triste et dépressive... Assurément un grand groupe, qui a donné un nouveau visage à la pop, cette petite catin à plusieurs visages... Play like Husker Du or don’t !

TOP 5 des groupes qui aurait pu figurer dans la liste du dessus : GUN CLUB, RADIO BIRDMAN, BLACK SABBATH, NIRVANA, the REPLACEMENTS.

Playlist des 5 groupes que j’ai écouté en répondant à ces questions : Anthrax « the greater of two evils », Subpop 2000 (compilation avec Tad, the Fluid, Nirvana, Mudhoney, Screaming trees...), Supersuckers « we’ve come to rock the house ! live », Black Flag « Rise Above, Tribute to the West Memphis Three », Dag nasty « Can I say ».