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INTERVIEW NASTY SAMY POUR LE MAGAZINE ABUS DANGEREUX (JANVIER 2013)

"La surf music ne meurt jamais. Comme les démons des films de genre, elle revient inéluctablement nous hanter et nous posséder. Cette fois, elle nous vient de l’Est de la France, servie par des mercenaires increvables, déjà passés par les rangs d’Hawaii Samurai, Jack & The Bearded Fishermen ou encore The Black Zombie Procession.
Afin de préparer une pleine page consacrée au groupe Demon Vendetta dans le prochain numéro d’Abus Dangereux magazine, j’ai demandé à l’increvable Nasty Samy d’appuyer sur la touche stop du magnétoscope et d’interrompre son visionnage d’une énième VHS d’horreur des années 80 afin de parler un peu de ce nouveau projet de surf music moderne et crossover."
-Gwardeath

[Interview publiée sur www.gwardeath.com (janvier 2013) et dans le magazine ABUS DANGEREUX (février 2013) dans une version éditée et plus courte].


- Sérieusement, as-tu compté le nombre de groupes dans lequel tu joues ou bien tu as joué par le passé ?

Heu, non, mais ça peut se faire facilement… En fait ces trois dernières années j’ai collaboré avec pas mal de groupes différents, essentiellement pour des tournées. Je fais clairement la distinction entre mes propres groupes et les groupes avec qui je collabore ponctuellement. Ces derniers temps je suis parti en tournée dans toute l’Europe avec Scott Deluxe Drake (ex the Humpers, Usa), Dumbell (Usa), Simon Chainsaw (Australie)… j’ai également accompagné Hellbats et Billy Gaz Station pendant quelques mois (à la basse). Pour ce qui est de mes groupes, ça fait 15 ans que ça dure, j’ai joué (de la guitare ou de la basse) dans Second Rate, Hawaii Samurai, Lost Cowboy Heroes, Teenage Renegade, the Last Brigade, mais là, dans les mois à venir, je vais principalement recadrer mes activités musicales sur Demon Vendetta et the Black Zombie Procession, deux groupes qui vont sortir un nouvel album en 2013 et partir sur la route pour les défendre.

- Comment t'es venue l'idée de taquiner de nouveau les vieux démons de la surf music ?

A la suite de la reformation ponctuelle d’Hawaii Samurai l’année dernière (on a joué 5 dates pour fêter la réédition du premier album en format vinyl, 9 ans après sa sortie)… J’y ai pris un grand plaisir musical, j’ai refouillé dans mes bacs à disques pour réécouter pas mal de disques de surf qui prenaient la poussière, j’ai repris de bons jets, une bonne remontée de reverb’ dans le nez, ça m’a donné envie de rejouer ce style, de composer de nouveaux morceaux et de réfléchir à un nouveau concept de groupe, fun et référencé. La surf music est une musique vraiment très particulière. Le son, le jeu, le matos, tout est différent d’un groupe de rock lambda. Sans parler des gimmicks, des références, du délire global, de plus j‘ai toujours adoré les musiques instrumentales, ça te laisse une liberté de composition et de jeu vraiment incroyable… Souvent mésestimé et raillé pour sa légèreté et son insouciance, la surf music, on a tendance à l’oublier, est quand même un des grands courants musicaux purement américain, aux côtés du blues et du jazz, hé ouais !

- Il est de bon ton que les groupes de surf aient un gimmick scénique. Avez-vous opté pour un concept ou des déguisements spécifiques ?

Le concept est simple, on mélange les gimmicks traditionnels de la surf-music, ceux de la culture crossover thrash/metal old school et les BO de films flippants. Des délires différents ? Et bien pas tant que ça quand on réfléchit bien à la question… On utilise d’ailleurs l’appellation Modern Mutant Surf & Crossover Horror Rock. Dans notre set il y a autant de clin d’œil à Dick Dale, Link Wray, Paul Fenech, Dave Wronski, East Bay Ray qu’à Sacred Reich, Crumbsuckers, Suicidal Tendencies et Hirax. Une pincée de Morricone, une grosse couche de gerbure en tout genre typée 80 et tu as un aperçu de notre musique.
Au niveau de l’imagerie, le point d’attache est sur la culture bis, les films d’horreur, les monstres en tout genre, les comic-book, les éditos de Metal Hammer des 1987 et les films d’art et essais avec Dolph Lundgren.
Tout notre merch est basé sur le trip horror, il y a même quelques thèmes de morceaux qui ont été « empruntés » à des thèmes de films d’épouvante classiques.
Au niveau de l’univers, on se retrouve complètement dans les filmographies des artisans besogneurs du bis usiné à la dure, artisanalement… Grosso modo, on tape dans les gamelles de William Castle, Roger Corman, Herschell Gordon Lewis, Val Lewton, John Carpenter, des films Hammer, les Universal Monsters, Ed Wood, des EC Comics, de Marvel et DC, et plus largement on lape aux fontaines du courant splatter-gore et autres slashers movies des années 80.
Au niveau de la tenue de scène, bien sûr on sera apprêté comme il se doit : treillis noir, bandanas et tenue de combat du sniper surentraîné.

- Quel format pour l'album à paraître : CD, vinyle ou bien téléchargement digital ?

Le disque sortira en format vinyl, une carte de téléchargement sera glissée dans le skeud.

- Ne penses-tu pas qu'on est en train de vivre un véritable abandon du format CD de la part des passionnés de musique ? La fidélité au vinyle n'est pas un scoop, mais les deux formats semblaient cohabiter, au moins en raison de l'aspect pratique du digital. Cette nouvelle pratique de la carte de téléchargement semble encore faire évoluer la donne...

Yep, c’est sûr que le format CD a pris un gros coup dans l’aile… Dommage, pour ma part c’est un support que j’affectionne encore tout particulièrement, j’ai connu la transition vinyle/CD fin 80 début 90, c’est un support de ma génération. Pratique en tout cas, autant pour ceux qui aiment collectionner et archiver que pour ceux qui sont toujours en mouvement, et au niveau purement technique et sonore, pas aussi lamentable que certains se plaisent à le dire. Enfin bref, c’est comme ça… La VHS a disparue, le CD est en voie d’extinction, le DVD aussi, la planète tourne, il n’y a rien qu’on puisse faire pour contrer la fin des cycles d’exploitations commerciales des formats qui ont été créés pour qu’on consomme comme des salopards.
Perso’ je continue d’acheter des CD, ainsi que du vinyle, qui, dans mon monde, n’a jamais disparu (contrairement à ce qu’on peut entendre ici et là…). La carte de téléchargement est uniquement proposée pour rendre la musique dispo à ceux qui n’ont pas de platine vinyle et qui ont déjà snobé le format CD pour diverses (mauvaises) raisons. Et on se rend bien compte sur le terrain (c’est à dire sur les tables de merch’ aux concerts) que beaucoup de gens ne sont tout simplement pas équipés de platine vinyle. Il est de bon ton de dire que, ouais, le retour au vinyl c’est génial, son chaleureux, crépitements organiques et blah blah blah, mais finalement ce n’est pas un support standard comme a pu l’être le lecteur CD ces 25 dernières années. Après avoir complètement dématérialisée la musique, les hautes sphères du business musical (et les labels de tous horizons, même indés) exploitent le vinyl comme un pseudo nouveau support, ils ont fait le tour de la boucle, et recommencent quasi à la base… Pour le home video, il y a le support Blu-Ray, après ça il y aura quoi, le retour du Laser Disc ? ha ha ha.
On pourrait même presque parler du retour de la K7 dans les scènes ultra underground… Entendre un mec te dire que le CD c’est naze, et savoir que le groupe dans lequel il joue propose son album sur format K7, là j’ai le droit de rigoler… ou de pleurer, au choix.
Perso, j’aurais bien aimé sortir notre premier mini album en format CD, mais on ne peut malheureusement pas tout faire.
La musique indépendante est à un carrefour… l’avenir me semble bien gris à ce niveau.

- Et bien sûr, peux-tu nous présenter les 2 tueurs que tu as embauchés pour actionner la gâchette à tes côtés ?

Le bassiste, Franz OA Wise, jouait dans Nedgeva (action rock/punk n roll de Colmar) il y a quelques années, il a également joué à mes côtés sur une tournée et quelques enregistrements de Teenage Renegade. Le batteur joue également dans Jack and the Bearded Fishermen (de Besançon, noisy heavy rock, avec un peu de post dedans, mais pas trop, hein !).