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INTERVIEW NASTY SAMY pour le magazine TARGET (Juin 2013)


1 - Comment s'est passé l'épreuve du feu pour vous ? Les premiers concerts face à des humains ?

Tout s’est passé au poil, on vient de passer 20 jours sur la route, on affine la formule chaque soir, on a essayé pas mal de trucs, certains fonctionnent, d’autres moins, mais globalement la première partie de la tournée s’est déroulée sans accro', un super début, et les gens ont bien saisi notre délire autour de la culture horrifique ainsi que tout ce qui entoure notre surf mutant et musclé.

2 - Vous semblez tous avoir des backgrounds variés au sein du groupe. Quels sont les groupes qui font l'unanimité dans votre crew ? Les CD que vous pouvez engouffrer dans le lecteur CD du van de tournée sans risquer l'empoignade générale ?

En fait, on n’a pas des backgrounds si différents que ça… On écoute tous des trucs relativement variés, on a grosso modo le même âge donc on a plus ou moins été bercé par les mêmes groupes. On partage quand même une passion pour le thrash, le death, le heavy metal de darons, le punk/hardcore crossover, de ce côté-là on est tous sur la même longueur d’onde, pas de problème, ha ha ha…nous sommes assez open, de l’indus à la pop, de la surf classique au metal bourrinos, du classic rock, quelques trucs electro barrés… Pour preuve, on reprend même un morceau de Joy Division sur notre premier album, sauce surf cold et mélancolique… Pour tout te dire, dans le van on écoute quasiment que du death metal et du hip hop US des années 90. En ce moment c’est ambiance gangsta surf dans le Trafic, avec écoute en boucle d’Ice-T, Onyx, Paris, Run DMC, GZA, Gravediggaz, Public Enemy, etc.

3 - Votre approche de la surf music est plutôt différente de ce qu'on a pu voir jusqu'alors en France, notamment au sein de la scène "garage". Notamment du fait de votre couleur crossover. Etait-ce une volonté de votre part de vous démarquer d'une certaine tradition surf très rock'n'roll ?

Yep carrément, je suis un gros fan de la culture surf, retro ou moderne, j’ai joué dans Hawaii Samurai il y a une petite dizaine d’années, notre formule sur la fin était déjà clairement décomplexée, mais j’ai voulu pousser les choses encore plus loin avec Demon Vendetta… Sur scène on taquine toutes les générations, on tape dans les vieilles casseroles mais on se lâche aussi sur des plans plus tendus et plus corrosifs. Donc oui, c’est clairement une volonté de notre part de faire un truc un peu plus singulier, qui tape aussi dans la culture horror, avec un délire sur scène assez kitchos, très eighties en fait, à base de crânes en plastique, de samples criards, de machine à fumée et de lights tout droits sortis de l’univers des films de Stuart Gordon… c’est une formule, on l’a vu, qui peut aussi parler à des mecs qui n’écoutent pas spécialement de surf ou de « vintageries », mais qui se reconnaissent dans le trip ciné bis et la culture crossover à bandanas ! D’ailleurs ça nous permet de croiser toute sorte de groupes en tournée, du surf vintage au metal, en passant par le classique rock, on va même ouvrir pour Bad Religion le mois prochain, donc de ce côté, ça nous permet de ne pas stagner dans une seule et même scène. Mais, par contre, on est mega respectueux de la tradition surf originelle, aucun problème, c’est clairement la base de notre musique, attention à ne pas se méprendre, le trip autour du thrash et du metal old school, ça reste seulement des clins d’œil, on joue du surf à 100%, non coupé, pur et dur, que ça soit bien clair…

4 - On entend un sample avant une chanson, à l'écoute duquel il semblerait qu'un moment particulièrement cruel attende un certain "Cosmo Connard"... Mais bon sang, c'est qui, le Cosmo Connard ?

Tu fais références à « X-Tro Blues », un hommage aux films SF barrés des années 80, des péloches bien tordues… Le sample n’a rien à voir, il est tiré de Bad Taste (de Peter Jackson), mais il illustrait parfaitement le ton du morceau… Et, plus globalement, un film très important pour moi, qui reflète à merveille l’esprit splatter-gore que j’affectionne tant et que j’ai aspergé sur la formule Demon Vendetta… j’ai enregistré ce sample à partir de ma VHS, d’où le son relativement « vintage », ha ha ha…