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INTERVIEW DEMON VENDETTA pour le magazine METALUNA (Janvier 2014)

1- Demon Vendetta dit présenter une version 2.0 de la surf music. Peux-tu expliquer ce que cela signifie ?
Ca signifie tout simplement qu’on a malaxé, désarticulé et  pilonné les gimmicks de la culture surf pour l’amener derrière le rideau noir… en la souillant avec des influences crossover, punk rock, hard core ou heavy rock… On lui a déchiré sa chemise à fleurs craignos pour la rhabiller avec une veste en jean à patchs coupée aux manches.

2- A ton avis, quels liens entretiennent l'horreur et le rock'n'roll ?
Avec le rock n roll je ne sais pas trop, mais avec le hard rock, le heavy metal, le thrash, le death, le black et tous ses dérivés, impossible de nier que les liens sont très forts. Il n’y a qu’à se pencher sur les lyrics, l’art-work, le merch et les références des groupes de metal pour voir que tout ça ne fait qu’un. Après, si on considère que tous ces styles sont des déviances et des racines rabougries du rock n roll, tu as ta réponse.

3- Quel bilan fais-tu des premières dates de Demon Vendetta ? Existe-t-il une scène "surf" ?
Il y a une énorme scène surf-music, c’est un style qui évolue dans l’underground mais qui est très vivace, chaque groupe a son gimmick et son univers, c’est un style instrumental qui est très codé… Tarantino, via Pulp Fiction au début des années 90, lui a permis de toucher des gens qui n’auraient jamais été en contact avec ce genre de musique typiquement américain et rattaché aux années 60. Il y a véritablement un « monde » surf, des sites, des émissions radios, des groupes, des guitaristes spécialisés, des festivals, des conventions, bref ça respire, ça bouge et c’est vivant. Tout est différent dans ce style : le son, le matos utilisé, le jeu, les « tics », etc. A l’image du ciné d’horreur, c’est une musique de « genre ».

4- En concert et sur disque, le groupe utilise beaucoup de samples de films. Lesquels ?
Exactement, on a noyé notre style de surf dans la culture horrifique… je suis un dingue de films splatter gore /épouvante / fantastique, on a donc logiquement épicé notre musique de beaucoup de références, notamment cinématographiques.
Au niveau des samples, ça peut autant taper dans l’épais catalogue de la Hammer que chez Roger Corman, mais aussi dans Bad Taste, Elvira, Hellraiser, Phantasm, la série des Halloween, etc. On a même un hommage au jouissif Vigilante (de William Lustig), à X-Tro, ou ça peut simplement être des clins d’œil à de grands noms du genre comme Bela Lugosi, Peter Cushing ou encore Ed Wood. Bref, chaque morceau est une excuse pour balancer de la référence en mode sulfateuse. Et notre tenue de scène est un hommage aux films post-nuke.

5- Si Demon Vendetta devait illustrer un film dans un ciné-concert, que choisirais-tu ?
Re-Animator de Stuart Gordon, un des mes réalisateurs préférés et un film très important pour moi… la rencontre de l’univers de Lovecraft avec le gore fada des années 80, bref le sommet !