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INTERVIEW NASTY SAMY pour le Webzine THE FRENCH TOUCH (Avril 2007)

INTERVIEW NASTY SAMY pour le Webzine THE FRENCH TOUCH (Avril 2007)

Très bonnes questions pour cet entretien centré autour de la culture française et américaine... On y parle des influences et des références de BZP, ainsi que de ce fameux renouveau du rock and roll monté de toute pièce par certaines hautes sphères journalistiques...

Interview par Bir.

Tout d’abord ces 5 questions qui servent à vous placer comme artistes de la semaine sur The French Touch WEBZINE :

1) D’après vous, jusqu’où ira le rock ?
Droit dans le mur... je crois même qu’il y est déjà.

2) Quel est votre meilleur souvenir musical ?
Les tournées avec mes différents groupes, j’ai eu la possibilité de traverser pas mal de pays (Angleterre, Ecosse, Allemagne, Autriche, Belgique, Suisse, Hollande, Danemark, Espagne...), c’est toujours agréable de voyager et d’envoyer la sauce dans un club le soir, on cumule les plaisirs... la sortie d’un nouveau disque est toujours un bon évènement car tout est à faire, les concerts se profilent et on ne sait pas où ça va nous mener, si le disque va plaire ou non, on attend les chroniques, les premiers échos, on bosse sur la promo, bref c’est assez excitant... à peine le disque dans les bacs, on pense déjà au suivant, j’aime bien ces rebondissements, cette envie de toujours aller de l’avant...

3) Quelle est votre définition de la musique ?
De la musique ??? Aucune idée et à la limite ça ne m’intéresse pas tellement de définir la musique... si j’ouvre un dictionnaire, j’y lis « art de combiner des sons », et ça ne nous avance pas plus que ça... il serait peut-être plus intéressant de définir le punk ou le rock, et ça, je crois avoir une idée assez précise de ce que ça peut-être...

4) Comment voyez vous votre futur ?
Je ne me pose pas la question, je ne me projette pas dans l’avenir, je profite du présent et je fais en sorte d’y prendre du plaisir, de me donner les moyens de faire ce dont j’ai vraiment envie... la vie est courte, autant en profiter allègrement, vivre le maximum d’expériences, éviter de faire du surplace et faire le nécessaire pour exploiter nos 2 mains et notre cerveau... vivre à fond, quoi, essayer, se lancer des défis, des challenges personnels, avancer...

5) Quelle musique vous indispose ?
Le r’n’b, le hip hop commercial, la musique festive, la chanson française à texte (et quels textes !), la variété française, le neo metal, le neo rock, le post rock, toutes les tendances « arty » qui se la racontent... bref toute la musique des festivals d’été... tout ce qui n’a pas d’âme, qui n’est pas joué avec les tripes, tout ce qui se contente de reproduire des clichés faciles, tout ce qui est creux, sans références, lisse, tout ce qui est pré mâché... tout ce que j’appelle les « fonds sonores »...

INTERVIEW

1) Comment est né BZP ?
J’ai créé ce projet l’année dernière, juste après la séparation de mes 2 anciens groupes (Hawaii Samurai, Lost Cowboy Heroes)... j’avais quelques chansons de côté, des idées, et assez de temps pour mettre sur pied une sorte de projet solo, que je voulais comme un hommage à la musique et à la culture que j‘aime, un truc rock au sens large du terme, qui baignerait dans la culture bis, horrifique et teenage... ça a commencé avec une session studio où j’ai enregistré 2 titres de surf instrumental (avec samples de film d’horreur), en compagnie du batteur des Flying Donuts, des titres qui devaient être destinés à sortir sur un 45t, qui n’a finalement jamais vu le jour (le label qui nous avait propose ce deal s‘est cassé la gueule)... quelque mois plus tard, on a refait quelques sessions studio pour enregistrer le reste des morceaux puis l’album à gentiment pris forme... puis Sylvain (ex batteur chanteur de Second Rate) nous a proposé ses services au chant... Steph’ du label Kicking Records (de Toulouse) m’a contacté, il voulait que ce projet soit la première signature de sa structure... et voilà, tout s’est fait assez naturellement.

2) Pouvez décrire les fondements de votre musique, son élaboration intellectuelle, physique, sociale ?
Ouch... ça rigole pas, là... pas besoin d’intellectualiser ni de conceptualiser ce qu’est BZP... c’est un groupe de rock, voir même de punk rock, suivant la définition que l’on a de ces 2 termes... ça ne va pas plus loin que çà... j’y compose toute les chansons et la plupart des textes, j’ai contacté des illustrateurs pour le livret, j’ai l’idée globale de l’ensemble... il y a beaucoup de références dans ce groupe, autant musicales que cinématographiques, et on lorgne sur l’univers des comics... c’est un mix de punk rock, de heavy rock, de rock 70’s, de power pop, avec quelques pointes légères de surf-music... les textes et ambiances sont inspirées du cinéma de genre, horreur/gore/fantastique/teenage movies... c’est sans prétention, c’est un projet que je mène quasi solo, mais je suis entouré de bons potes, qui s’avèrent être de très bons musiciens... quand j’ai des chansons, je les enregistre, et basta, si une structure veut les sortir, tant mieux... c’est un projet qui va m’accompagner pendant un bout de temps, je pense... rien n’est figé, le line-up peut changer, peut-être pas, c’est assez ouvert, et ça me donne la liberté de faire ce que je veux, quand je veux et de la manière dont je le veux...

3) Votre rapport avec le rock’n’roll traduit une ligne conservatrice, vous sentez vous comme une sorte de protecteur autarcique dans l’hexagone d’une certaine idéologie du rock’n’roll ? Et ne vous semble t’il pas que cet « autisme » musical vous restreint l’accès à d’autre courant musicaux, et limite votre angle de vision musicale ? Pourquoi gardez vous intangible ce dévouement ? D’où vient cette flamme incandescente de descendant de fils du métal ?
Tu te trompes... ma démarche, notre démarche n’a rien de « conservatrice », pour reprendre ton expression... le premier album de BZP est musicalement assez explosé... du punk rock, du metal, de la surf, du rock and roll plus classique, c’est très large... c’est un disque de fans pour les fans, on ne contente pas de rentrer dans un moule et d’y reproduire des schémas déjà établis... le problème, c’est que le terme rock and roll est utilisé à toutes les sauces, tout est rock, à partir du moment où il y a une guitare dans le groupe, et que les musiciens sont habillés en noir... la faute aux journalistes (pros ou amateurs/passionnés) qui se mélangent les crayons et qui manquent souvent de connaissances pour aborder le sujet... donc oui, j’aime le rock, et ce qui en découle : le punk rock, le hard rock, le big rock, le heavy metal, la power pop, la pop punk, la surf-music, le blues, la country... en quoi cela fait de moi un « conservateur » , un « autiste » ? Ce sont des musiques « vraies », urgentes et viscérales... pour moi, il y a juste deux styles de musique, la bonne et la mauvaise... j’ai une quantité astronomiques de Cds et de vinyles, j’écoute énormément de chose suivant mon humeur, tu peux y trouver la discographie complète des Smiths, celle d’Obituary, celle de Johnny Cash, d’Husker Du, de Replacements, de Black Sabbath, des Ramones, de Van Halen, de ZZ Top, de Black Flag, de Dick Dale, de Ted Nugent, de Hank Willimas, de Billy Childish, de Cro Mags, des Dragons, des Wildhearts, des Dogs d’Amour, the Jam, Jimi Hendrix, d’Exodus, d’Anthrax, John Coltrane, Miles Davis, 13th Floor Elevator, des groupes de thrash, de crossover, de black metal, de folk... t’es en train de nous définir comme des gens fermés et bornés, limite incultes... par curiosité, j’aimerais bien mater ton étagères à disque, et que l’on puisse parler un peu de musique ensemble, gratter un peu le sujet, voir où ça nous emmène... je me méfie des gens qui aime tout... parce que tout aimer, c’est aussi ne rien aimer, ne pas avoir d’avis, prendre comme un con ce que l’on te propose... je pense qu’il faut gratter en profondeur ce que tu aimes, en découvrir les racines et toute l’histoire qu’il y a derrière un style, et il faut bien souvent des années pour y arriver... ça ne sert à rien de se disperser... le rock est très lié à la littérature, au cinéma, à la bande dessinée, ce n’est pas un divertissement, c’est bien plus qu’une simple musique, ça va au-delà de 4 mecs qui font du barouf’ dans un garage, c’est une culture à part entière... il y a tout un univers autour du rock (au sens large), et ça, c’est loin d’être le cas avec les autres styles de musique...

4) Quel sont les ambitions futures pour BZP ?
Pour l’instant faire la promo du premier disque qui vient de sortir, les bonnes reviews tombent, je fais quelques interviews, on a commencé les concerts, les premiers échos sont plus qu’encourageants... et pour la suite, je voudrais sortir une prod’ chaque année, que ça soit un album ou un 45t ou un split... comme une photographie, un témoignage de chaque année, faire gonfler la discographie du groupe au fil des années, toujours suivant le même principe, en collaboration avec un illustrateur (à chaque fois différent) qui gérera l’aspect visuel... et toujours dans ce délire horrifique...
Je retourne en studio cet été pour enregistrer 5 nouveaux titres, qui figureront très certainement sur un split vinyle (10’) avec un groupe américain (à préciser)...

5) La thématique des morts-vivants et toutes ces références en la matière est une occasion de libérer le côté théâtral du rock’n’roll. Le premier album de BZP est il une réalisation d’un phantasme musical, graphique, théâtral ?
Je ne me suis pas posé la question sous cet angle... je voulais juste enregistrer une poignée de chansons, et faire un projet personnel, selon mes goûts, avec un univers qui me correspondait, qui allait puiser dans ce que j’aime... car de nos jours, on est envahit par des groupes neutres et insipides, qui se contentent de s’auto proclamer rock and roll alors qu’ils ne dégagent absolument rien... ils sont juste transparents. J’aime les films d’horreur, les comics, la littérature qui a des burnes et la culture populaire des Etats-Unis des années 50-60-70... J’ai essayé de m’imprégner de tout ça...

6) Que pensez vous justement de ce rapport entre le rock’n’roll et son côté théâtral ? Est ce que vous jouez, sur-jouez avec cette face morbide pour tout (interview, concert, etc..) comme Alice Cooper, The Misfits, etc... ?
« Morbide » ??? On a rien de morbide !!! Ni en interview, ni en concert... c’est au contraire bon esprit et assez fun... des histoires de zombies, de tueurs en séries, de vampires, de lycanthropes sur fond de punk rock, ça n’a rien de « morbide »... c’est bon esprit, ultra bon enfant... sans prise de tête.

7) Que pensez vous de « l’avènement » du « rock » en France ces jours ci (en matière musicale, look, graphisme, etc...) ? Et de la montée de cette nouvelle jeune génération de rockers (naast, brats, plastiscines, etc...) ? (Est ce qu’elle vous paraît fomentée par l’industrie mercantile du disque, par des rock critique en rédemption, etc... ?)
J’ai partiellement répondu à cette question dans une de mes précédentes réponses... ce n’est pas parce qu’on trouve des t-shirt des Ramones ou des Clash dans les boutiques Jennifer que le rock est de retour... encore une fois, c’est un truc de journalistes... ce grand manège est cyclique, le rock disparaît et hop il revient comme par magie, c’est n’importe quoi...dans les années 90, le rock était populaire, puis ça s’est soi disant cassé la gueule, tout le monde ne jurait que par la techno, le trip hop et l’electro... puis le rock est de retour, singeant cette fois ci les années 60 et les années 70... Mais en fait, il n’a jamais réellement disparu, les groupes ont toujours sortis des disques, tourné dans des clubs, etc... En ce qui concerne ces fameux nouveaux groupes... je n’ai jamais entendu une seule note de leur « musique » ... les vieux ringards de Rock and Folk ont sublimé ce mouvement, des groupes de lycéens reprenant maladroitement les tics des Strokes et des Libertines (4 ans après la guerre !)... Manœuvre, Eudeline et compagnie voient en ces ados ce qu’ils étaient fin 70, ça les rassure de voir qu’il y a les mêmes nigauds que dans leur génération, c’est les même, l’histoire recommence, de faux groupes qui jouent toujours dans le même club, poussé par un magazine pour qui le rock est un truc qui sent le sapin... ils tentent de re-créer tout ces groupes foireux qui se sont construit une légende sur du vent, toute cette scène du Rose Bonbon fin 70... Des enfants de bonnes familles qui tentent de faire illusion... de mauvais groupes qui n’ont tout au plus que sorti un vulgaire 45t mal enregistré, de mauvais musiciens, des mômes de 17 ans qui passent le temps avant de reprendre les études en école de commerce, ou avant de virer dandy héroinomane... ça reste du mauvais yéyé (pléonasme ?), de la variété camouflée... ça sert à rien.

8) Quel est votre regard sur le monde du rock en France ? De l’industrie du disque en général (disparition des disquaires indépendants, peer to peer, intermittents du spectacle, salle de concert, etc..) ?
Le rock en France, ça ne fait pas rêver, loin de là... il y a quelques groupes intéressants, surtout dans la scène underground (la scène punk mélo indé, les groupes du label Lollipop et quelques groupes ici et là), il y avait une bonne scène metal dans les 90‘s (Loudblast, Massacra, SUP...)... en ce qui concerne les groupes diffusés à la TV ou à la Radio, ça reste de la soupe, destinée à un public de collégiens (pour les plus vieux d’entre eux)... les groupes de neo metal ont beau avoir troqué les t-shirts de Korn contre ceux (plus en vogue) de Led Zeppelin ou de Metallica, ça reste de la musique de coiffeurs, de minets inoffensifs et bête à manger du foin...

9) Vous semblez aduler « une Amérique fantasmée » (musique, film, littérature) et les artistes que vous adorez fustigent amplement l’Amérique telle qu’elle existe. Je pense à Romero qui critique la société américaine, son racisme (La Nuit des morts-vivants) et sa consommation à outrance (Zombie). Aux « paysans encore assez primaire et qui vivent aussi dans une totale xénophobie » dans le film de « Délivrance » de John BOORMAN, etc...
La littérature n’est pas en reste avec Charles Bukowski (pour l’aigreur, les frustrations, indignations, le chaos) , Bret Easton Ellis (la froideur égocentrique et libérale des yuppies), etc... où la BD avec Craig Thompson (pour la religion) , Charles Burns (adolescence), etc... Ces artistes sont engagés dans leur combat respectif, quel est/sont le où les vôtre(s) ? Est ce que de vivre à travers une vision romanesque cela ne vous isole pas un peu plus d’une toute autre réalité, plus brutale, Qu’en pensez vous ? Est ce que votre musique puise dans ce côté romanesque, cinématographique, idéaliser pour transformer sa propre vision des évènements ?

Hé man, faut arrêter de te presser le citron de la sorte... c’est pas bon pour le caboulot... Je n’adule absolument pas une « Amérique fantasmée ».... Seulement, mes groupes et mes musiciens préférés sont américains, mes auteurs préférés sont américains, mes illustrateurs préférés sont américains, mes cinéastes préférés sont américains, je ne vais pas le nier, que faut-il en conclure ? Que j’aime la culture populaire américaine, et après ? Effectivement, ce qui se fait aux États-Unis a un peu plus de gueule que ce qu’on fait chez nous... L’anti-américanisme de base de certaines personnes est ridicule, du genre « Bush est un idiot, tous les américains sont idiots », ça revient à dire que « tous les Allemands sont des nazis », c’est aussi fin que ça... la culture française est ridicule, on se repose sur un passé historique sublimé, « la France=exception culturelle », c’est n’importe quoi... en matière de musique, c’est la catastrophe, en matière de littérature, c’est mieux mais bon, pas de quoi voler au plafond non plus, en ciné, ça plane pas bien haut (le ciné d’auteur français, quelle vaste farce... et les blockbusters façon Besson, merci bien, niveau connerie, ça se pose bien là), en BD ? J’ai l’impression qu’on est encore pas sorti de la tradition franco belge Tintin et compagnie... bon, il y a des exceptions, heureusement... mais en règle générale, ça ne supporte pas la comparaison avec ce qu’on peut trouver outre Atlantique... ce genre de discours passe mal envers certaines personnes, je n’arrive pas à comprendre pourquoi, cet espèce de chauvinisme culturel me fait gerber, faisons face à la réalité...
La société Américaine est très différente de ce qu’on peut trouver en Europe... c’est une société où tu es obligé de bosser dur dans ce que tu sais faire si tu veux t’en sortir, que tu soies musicien, acteur, dessinateur, écrivain, tu peux arriver à quelque chose de correcte si tu t’en donnes les moyens... j’aime bien cet aspect, c’est stimulant, le travail en quelque sorte est récompensé... les américains font attention à leur image, à ce qu’ils renvoient, beaucoup plus que les européens, ils ont le sens du spectacle, de l’entertainment, c’est toujours très vif et très nerveux, ils sont en général assez ambitieux, ils n’ont pas peur du quand dira-t-on ?, et n’ont aucun problème avec le fait de faire du blé avec ce qu’ils savent faire... ici, on confond trop souvent ambition et arrogance, les gens qui se démènent et qui essaient de sortir du lot sont montrés du doigt, il faut rester dans la masse, moins on en fait, mieux on se porte... désolé, c’est pas mon truc... ils n’ont pas peur de retrousser leurs manches pour se mettre au boulot, et j’aime ça, ce côté disciplinaire, qui écrase tout sur son chemin, ça me parle... au niveau musical, c’est incroyable le fossé qui existe, allume une radio, même la plus ringarde, et tu entendras Led Zeppelin, Black Crows, ZZ Top, Billy Idol, Deep Purple, Kiss, Alice Cooper, les Doors, ainsi que des trucs plus récents, mais ça reste du putain de gros rock qui chie, avec des vrais guitares et des vrais refrains... ici, quelle grosse radio peut se targuer de passer du rock ?
Bien entendu, il y a beaucoup de dérapages et de trucs craignos aux States, mais pas plus qu’ici, c’est la planète entière qui s’enlise et qui devient cinglée... l’Amérique est vaste, tous les Etats sont différents, tu ne peux pas tout mettre dans le même sac et dire « je n’aime pas les américains, c’est des gros porcs arrogants » ... les gens qui voyagent et qui se font leur opinion autrement que devant le journal télé de 20h te le diront, les States, c’est un truc à part, un mélange de culture, une histoire très jeune, c’est encore un pays tout récent comparé aux pays européens, vraiment un truc hallucinant...
Tous les auteurs que tu cites sont des purs produits de l’Amérique middle class... ce qu’ils critiquent, c’est plus la bêtise, la couardise, le pathétisme et la cruauté de l’être humain que la société américaine en elle-même, des misanthropes en puissance... ils seraient français, italiens, espagnols ou irlandais, ils critiqueraient les choses de la même manière...
Je n’ai pas de combat, je fais juste des trucs... écrire, jouer de la guitare ou de la basse, enregistrer des disques, partir en tournée, bouger, faire du sport, remplir mon quotidien, quoi... je veux juste être vivant, éviter de m’affaler dans le quotidien, connaître de nouvelles choses au fur et à mesure que je vieillis, et j’ai l’impression de me donner du mal dans ce que je fais, je passe des heures et des heures sur mon ordi, sur mon instrument, en répét’, j’ai l’impression d’être un bosseur, j’essaie de garder ma motivation, ma passion intacte... quand je vois des potes, des gens ou des connaissances autour de moi, ça me fait un peu flipper, il y en a beaucoup qui ont baissé les bras en atteignant la trentaine et c’est dommage, j‘ai l‘impression que c‘est seulement maintenant que ça devient intéressant, l‘âge de l‘insouciance est passé, maintenant passons aux choses sérieuses ! Je me dis que je veux vivre mon truc à fond, baisser les bras et se contenter du minimum, je peux pas... je ne veux pas regarder la TV, jouer aux jeux vidéos, prendre du poids, glander sur un canapé à blablater pour ne rien dire, je n’ai pas le temps, j’ai toujours un truc à faire, mon webzine, mes groupes, du sport, des projets, des enregistrements, des concerts, et c’est-ce qui me maintient la tête hors de l’eau... la routine d’un travail m’effraie, c’est une mort lente et douloureuse, la belle maison, la belle voiture, la belle montre, les belles baskets, les beaux habits, le couple qui s’effrite, je laisse ça à d’autres, ça ne me branche pas... plus je vieillis, plus je m’impose une discipline, plus je reste à l’écart, plus je veux faire mon truc dans mon coin sans qu’on me casse les noix... tous mes modèles, toutes mes sources d’inspiration sont américains, c’est comme ça et pas autrement... à la limite, actuellement, les seul français qui me parlent au creux de l’oreille, c’est Houellebecq (par contre, je n’ai pas encore lu son dernier bouquin) et Jean Pierre Mocky...

10) Que pensez vous de la violence dans l’art en général ? De la liberté d’être violent dans l’art ? Pensez vous qu’il y a des où une limite à ne pas franchir dans l’art ? Si oui pouvez vous énumérer ces où cette limite ?
Je prend des énormes pincettes avec ce que les gens appellent l’ART... je me méfie de ceux qui s’auto proclament « artistes »... pour moi il y a des musiciens, des cinéastes, des auteurs, des dessinateurs, etc... je n’aime pas les concepts, je veux du concret... la violence dans l’art, la liberté d’être violent dans l’art ? je n’ai pas d’avis, ça ne m’évoque rien, désolé, ta question ressemble un peu à la problématique d’une épreuve de philo’ d’un bac blanc... je fréquente très peu les musées, et encore moins les galeries d’art, c’est pas mon monde... je ne m’intéresse principalement qu’à la culture souterraine... pendant que certains se grattent la barbichette, certains travaillent dur... les limites à ne pas dépasser, ce sont certainement celles de la connerie, non ?

11) Quels sont les sujets qui vous passionnent ? Et ceux pour lesquels cela vous échappent complètement ?
La musique, la littérature, la bande dessinée, le cinéma... et je le répète, je passe beaucoup de temps à faire du sport (au minimum 4 fois par semaine). Les sujets qui m’échappent, et qui ne m’intéressent absolument pas ? Tout le reste ! Autant dire que ça en fait beaucoup...

12) Quel est votre top five (disque, BD, film, littérature) ?
Le dimanche, j’ai pris pour habitude (quand je ne répète pas avec un de mes groupes) de faire des journées un peu spéciales... vu que c’est un jour où je ne suis pas trop speed, je n’écoute que des vinyles, je prend le temps de fouiller dans mes bacs et de ré-écouter de vieux trucs, en bossant sur mon ordi’, à répondre à des interviews où à gérer mes différents sites... donc, je vais te faire mon top 5 de ce que j’ai écouté pendant que je me penchais sur tes questions (que du vinyle puisque c’est un dimanche !) : Minor Threat « Out of Step »
Jello Biafra with the Melvins (1er album)
TAD « 8-Way Santa »
Husker Du « Everything Falls Apart »
Moving Targets « Burning in Water »

BD :
Je reviens juste de trois semaines passées sur la route (2 semaines avec Hellbats et une semaine avec BZP), où je me suis mis à racheter des comics : Hack Slash, Wolverine, Punisher, Hellblazer... simple, bourrin et efficace.

Livres
« Cette fois je flingue » de Jean Pierre Mocky
« Stories of the Dogs » (-nouvelles- 22 auteurs rendent hommage aux Dogs)
« Les écrivains en costard-cravate » de Thierry Tuborg
« Punk Love » de Susie J Horgan (livre de photos, sur les prémices la scène hardcore de Washington, la naissance du label Discord, etc... )
« A Dull Roar » de Henry Rollins

Ciné
Rocky Balboa, Black Sheep, Fido, Alien Apocalypse...

13) je vous laisse le mot de la fin : je vous remercie du temps que vous m’avez accordé. Si vous souhaitez de plus amples informations sur mes questions (déroutantes) , contactez moi.
Merci pour l’interview et pour l’intérêt porté à mes activités... bonne continuation et à bientôt, peut-être sur la route...