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INTERVIEW NASTY SAMY pour le Webzine CAFZIC (Juillet 2007)

INTERVIEW NASTY SAMY pour le Webzine CAFZIC (Juillet 2007)

INTERVIEW BLACK ZOMBIE PROCESSION pour CAFZIC BLOG par Yann’ (Juillet 2007)
http://cafzic.oldiblog.com


Après l’abécédaire de Nasty Samy publié il y a quelques mois dans les pages du fanzine Cafzic (et bientôt archivé dans cette rubrique), c’est cette fois pour le Cafzic Blog (sur la toile) que les questions et réponses jaillissent... et plus précisément sur les activités de Black Zombie Procession que Yann’ s’attarde... un entretien précis et détaillé, pour ceux qui n’auraient toujours pas compris le délire de la Procession des Zombies Noirs (hé oui, il en reste !).

1- Le son est né avant la constitution du groupe semble t-il, quelle était l’idée de départ, le concept ?
Fin 2005, je me suis retrouvé sans groupe, quasiment du jour au lendemain... j’avais pas mal de chansons de côtés, des idées, des riffs... j’ai donc décidé de monter mon groupe, un espèce de projet solo, où je jouerais les guitares, la basse, où j’écrirais les textes et où je gérerais le « concept » et le délire graphique... the Black Zombie Procession était le nom d’un des derniers titres d’Hawaii Samurai (que j’avais composé, et qui n’a jamais vu le jour), j’ai donc choisi ce nom pour faire la transition et parce qu’il correspondait bien au truc que j’avais en tête... faire côtoyer la musique que j’aime (punk rock, heavy rock, hard rock, surf rock, power pop, pop punk...) dans une ambiance très teenage (cinéma de genre, culture bis, comics, pop culture ricaine des 60s/70s/80s...), c’est un peu caricatural mais c’est voulu, et assumé.

2- La création s’est donc faite un peu à l’envers ! ! ! Des FLYING DONUTS, de l’ancien SECOND RATE, c’était pour que ça aille plus vite musicalement ? ? ?
J’ai contacté Ben, le batteur de Flying Donuts d’une part parce que c’est un de mes meilleurs potes et d’autre part parce que c’est quelqu’un sur qui on peut compter, ce qui est très dur à trouver dans le microcosme du rock and roll... Ben est passionné, c’est un bosseur, un excellent batteur, il a de l’expérience et connaît l’envers du décor de la scène... on a donc commencé à bosser à 2, à répéter et à enregistrer les titres, puis Sylvain (ex batteur/chanteur de Second Rate) nous a branché pour le chant... puis Steph’ du label Kicking Records nous a contacté pour être la première signature de son label, et les choses se sont enchaînées rapidement... jusqu’à là scène ou Jérémie (guitariste/chanteur des Flying Donuts) nous a rejoint pour tenir la basse.

3- Bosser avec des zicos qui n’habitent pas à côté, ce n’est pas trop bordélique ? Ca va tenir ? D’ailleurs est-ce un projet solo sur lequel se greffent des zicos ou est-ce devenu musicalement un projet de groupe ?
L’organisation est millimétrée, on se fait de grosses sessions de répétitions avant de partir sur la route ou en studio, et chacun bosse bien de son côté... on planifie l’activité du groupe plusieurs mois à l’avance vu que chacun a déjà un planning chargé avec son groupe... je centralise les tâches et l’organisation, et en ce qui concerne la musique, je fait principalement les choix (compos des morceaux, choix de la set-list, choix des reprises, etc...).
BZP est au départ un projet solo sur lequel se sont greffés des musiciens que j’ai choisi, au fil du temps ça devient un peu plus un projet de groupe...

4- Sylvain qui revient ! ! ! Il ne devait pas tout arrêter ?
Sylvain qui revient et qui repart ! Il était branché par le fait de ne tenir que le micro, sans jouer de la batterie, essayer le poste de frontman... il a chanté sur l’album puis a fait la première tournée en Mars puis a décidé d’arrêter, il ne prenait peut-être pas autant de plaisir à chanter que ce qu’il imaginait, il n’était pas hyper à l’aise. Cependant il joue toujours de la batterie dans Generic (duo noisy basse/batterie, ils sortent leur premier album à la rentrée sur Kicking Records / Slow Death Rds). C’est Forest (Sons of Buddha, the Pookies) qui a remplacé Sylvain...

5- Le son de BZP correspond-t-il à un mix de ce que HAWAII SAMURAI et LOST COWBOY HEROES allaient devenir ? Non, pas spécialement... ces groupes font partie de mon bagage donc c’est fort possible qu’on ressente des similitudes... j’aime le rock, le punk rock, la surf music, le hard rock, le metal old school et la power pop, c’est que j’ai joué dans mes différents groupes et c’est-ce que je continue à jouer actuellement. Ca ne va pas plus loin que ça. Même si dans BZP, c’est moins centré sur un style... de plus, c’est le premier album, je l’ai fait sans volonté de cohérence, dans une volonté d’être un peu part du reste de la scène punk rock ou indie rock... le deuxième album sera peut-être moins varié, ce n’est pas certain, mais c’est possible qu’il soit plus frontal... on verra bien.

6- Dis-moi Sam, il y a plein de sons différents dans ce disque, c’est une compil’ de ce que tu aimes défendre musicalement ?
Comme je l’ai répondu plus haut, dans ce disque il y a effectivement un brassage du rock que j’aime : parfois punk rock, parfois très mélodique, parfois rock and roll, parfois plus heavy... on va dire que je suis un peu old school, je ne me retrouve absolument pas dans les nouveaux genres, les nouvelles étiquettes du rock ou du metal actuel : que ça soit l’emo, la noise, le math rock, le post hardcore progressif, ces styles ne me parlent pas... j’ai une approche plus classique du rock... pour moi, une chanson est centrée sur des riffs, des couplets, des refrains et éventuellement des solos... le punk rock, le hard rock et la power pop suivent ce schéma, c’est tout ce que j’adore.

7- Sam, à chaque fois que je lis une interview de toi, tu cites le mot « heavy », donnes-moi please ta définition et l’importance que tu lui donnes.
Si tu traduis, ça signifie « lourd »... il y a le heavy metal, puis il y a le heavy rock... c’est du rock couillu, avec de gros riffs, inspiré par le rock des années 70s, du Hard Rock, quoi (ou Classic Rock, à la limite)... donc, j’utilise le terme Heavy parce que la musique de BZP peut être par moment très heavy, ce n’est pas seulement du punk rock mélodique ou du rock and roll, il y a d’autres influences, à chercher davantage dans le côté obscur, c’est un peu plus massif... j’écoute énormément de metal et de hard rock, et je pense que ça se ressent sur les morceaux que je compose... le son de guitare est lourd, les tempos sont majoritairement assez écrasés (mid tempo) et les titres sont basés sur des riffs puissants... voilà.

8- KICKING RECORDS semble être un label aussi pressé que BZP, plein de projets, comment s’est faite la rencontre ?
Je ne suis pas spécialement pressé, par contre je ne fais pas partie des gens qui sortent un album tous les 3 ans... pour moi, un groupe rock doit être vivant, faire des concerts, enregistrer des nouveaux titres souvent et sortir des prods régulièrement (ça peut être des albums, des singles, des splits, des participations à des compilations...). Tous mes groupes préférés ont des discographies monstrueuses, plus un groupe fait de concerts, plus il fréquente de studios, plus il est à l’aise... si c’est pour rester enfermé dans un local avec des potes et sortir un disque toutes les secousses sismiques, je préfère faire autre chose... j’ai besoin de mouvement et de challenges, c’est bien de se fixer des buts et d’essayer de parvenir à ses fins... avec un groupe c’est pareil, tu composes, tu répètes pour que les morceaux passent en live puis tu montes dans un camion pour voir du pays et montrer de quoi tu es capable sur scène, ensuite des labels te branchent pour une ou plusieurs collaborations... c’est ma définition du rock and roll... faire des trucs concrets, mettre en place des projets, et bosser dur pour que tout ça tienne debout et ait un sens, quoi...
Je connais Steph (Cu !) depuis un bout de temps... il s’occupait (puis chantait) dans Original Disease, un groupe local qui a fait parler de lui à la fin des 80s et dans les 90s, c’était une influence dans ma région pour tous les gars qui comme moi ont monté un groupe par la suite et fait des choses avec les moyens dont ils disposaient, c’est à dire pas grand chose... on va dire que c’était un groupe de hardcore, quoi... avec ce que ça draine comme valeurs derrière (DIY, débrouillardise...). Donc pour moi, Original Disease a été un groupe très important, j’étais lycéen, j’allais voir tous leurs concerts et je trouvais leur délire assez cool, ils correspondaient à ma conception du rock and roll... ils envoyaient du punk rock / hardcore assez couillu, dans la veine de Poison Idea, Jingo de Lunch, Suicidal Tendencies, Spermbirds avec un côté fusion sur la fin de leur parcours... donc je connaissais Steph’ de cette époque là, sans qu’on se soit parlé, finalement... puis il a organisé des concerts par la suite, dont un concert Portobello Bones/Second Rate... puis il a bougé outre mer (à Mayotte) pendant quelques d’années... on correspondait un peu, mais toujours sans trop se connaître, il me commandait des disques de temps en temps, je lui envoyais des fanzines... il aimait bien les groupes dans lesquels j’ai joué (Second Rate, Lost Cowboy Heroes, Hawaii Samurai). Il a appris que je montais mon propre projet, il m’a dit qu’il revenait en France et qu’il avait pour projet de monter sa structure, et qu’il voulait que ça soit sa première référence... il a entièrement produit le disque, financé toute les étapes de ce premier disque... il m’a fait confiance dès le début, sans avoir entendu une seule note du skeud, on peut presque dire que ce premier disque lui appartient autant qu’à moi... le 2ème disque sortira également sur Kicking Records... en toute honnêteté c’est la structure avec qui j’ai le plus d’affinité, on parle vraiment de la même chose, on a la tête sur les épaules, on sait tous les deux qu’on ne révolutionnera rien avec nos skeuds de punk rock, on cherche d’abord à se faire plaisir, à avoir du fun mais on a la même obsession pour le travail sérieux et bien fait... on a les mêmes références et on voit le business musical de la même manière, on fait nos trucs sans trop regarder autour de nous, et on essaie de faire les choses le mieux possible, dans l’esprit des grands labels indie et des groupes des années 90s, on essaie de perpétuer un état d’esprit... d’ailleurs, il a enchaîné assez rapidement sur de très bonnes références (Split Flying Donuts/the Joystix, le nouvel album d’Hellbats, le tribute aux Sherriff... et de nouvelles productions arrivent avant la fin de l’année, checkez son site : www.kickingrecords.com)

9- Sam, chez KICKING RECORDS il y a de l’amour pour les SHERIFFS, je suis sûr que tu étais un grand fan non ? ! ? ! Un grand fan c’est peut-être exagéré, mais j’ai toujours aimé ce groupe... ils sortaient du lot à l’époque de tous les groupes alterno’ merdiques qui sévissaient dans les 80’s (qui a dit les Bérus ?). Ils ont toujours été catalogués comme une réplique des Ramones à la française alors que leurs albums des années 90s s’éloignaient de cette référence simpliste, avec des grosses guitares et du gros son... c’était un groupe puissant, plus rock que punk finalement... des morceaux simples, carrés, très mélodiques avec une voix particulière et des paroles assez fun... en tous cas un des seuls groupes avec du chant français que j’arrive à écouter (avec OTH)... et leurs albums n’ont pas pris une ride, je les écoute toujours avec plaisir, de temps en temps. J’ai repris le morceau « Condamné à brûler » sur leur tribute qui sort ces jours ci, produit par Kicking Records.

10- J’aimerais avoir un peu de renseignements sur le côté graphique du disque, qui s’en est occupé ? Qu’est-ce que tu désirais faire ?
J’ai contacté 3 illustrateurs (Jean Sé de Sleazy Artwork Ink, Thom de Visual Addiction et Bertrand de Graphisme Inc). Je leur ai envoyé une feuille de travail en leur précisant un peu le délire de l’album, avec ce que je voulais voir figurer... en fait, il y a 3 pochettes dans le livret, tu peux le plier suivant ta convenance et choisir la pochette que tu préfères... vu qu’il y a une édition Picture Disc, on a pu reprendre les visuels et les mettre sur la galette... graphiquement, je voulais que ça soit à l’image de la musique : référencé, bourré de clin d’œil, à la limite de la caricature... dans un délire horror rock, influençé par Creepshow et quelques films d’horreur des années 80s (Freddy, Vendredi 13, Chucky, les films de Zombies...).
Chaque disque de BZP sera illustré par un dessinateur différent... j’adore les pochettes de disques dessinées, ça ajoute un côté naif et teenage... ça correspond bien à la culture bis que j’affectionne et c’est dans la continuité de notre musique.

11- Préfères-tu un groupe avec un bon visuel et une musique moyenne ou un groupe avec un visuel moyen et une bonne musique ?
Pour moi, un bon groupe cumule bonne musique et bons visuels (adaptés au style qu’il joue)... mais la musique est bien évidemment prioritaire... si le groupe à bon goût, généralement, le visuel et le délire autour du groupe suit... je n’aime pas le groupes neutres qui ne renvoient rien, qui ne sont pas généreux... un groupe doit savoir tisser un univers particulier qui correspond à sa musique, c’est un tout, le groupe doit dégager quelque chose.

12- Donnes-moi les 5 plus belles pochettes d’albums de ta discothèque perso et les 5 plus moches, please.
Comme je te le disais, en général, j’aime bien les pochettes dessinées... la question est ardue, vu le nombre de disques (CD et Vinyl) éparpillés dans mon appart’... J’aime bien les pochettes de groupe hard rock et metal : « Masters of Puppets » de Metallica, « Holy Diver » de Dio, les pochettes de Danzig sont cools, celles de Cro Mags aussi... il y a en a des centaines... tous les groupes thrash et death avaient de bonne pochettes, des trucs dessinés à l’ancienne, avec plein de détails... dans un délire différent, j’aimais bien les pochettes des groupes signées sur Sub Pop, souvent en noir et blanc, simple et efficace, avec des photos de scènes...
Pour ce que j’aime pas, on va dire toutes les art-works minimalistes, les groupes noisy n’ont en général pas beaucoup de goût pour leurs disques, des trucs trop neutre, trop vagues, trop flou... sans grand intérêt.

13- Est-il concevable pour toi de n’avoir qu’un projet en cours ? Depuis le temps que tu fais du rock, tu as monté un paquet de groupe et j’ai l’impression que tout le monde semble un peu d’accord pour dire que ton boulot est bon, pour progresser ça n’aide pas beaucoup non ? ? ? Un peu de critique ça ne fait pas de mal... Dis-moi Sam, plus globalement comment bosses-tu, es-tu un stakhanoviste, un mec qui aime bien que ça avance comme il veut, ou partages-tu ?
Ça remonte à quelques années, durant la dernière année de Second Rate j’ai intégré le groupe surf Hawaii Samurai, qui a par la suite beaucoup tourné, puis j’ai monté dans la même période Lost Cowboy Heroes, qui a été assez éphémère (2 ans)... j’ai remplacé le bassiste de Sparkling Bombs (glam punk rock) pendant 6 mois... puis j’ai fondé BZP, puis les mecs d’Hellbats m’ont branché pour jouer de la basse... rien n’est calculé, c’est des opportunités qui se présentent... ici, la scène locale est assez riche, les groupes partent en tournée, sortent des disques... et dans tous les groupes, il y a des périodes où ça brasse et des périodes plus tranquilles, et je profite de ces accalmies pour me pencher sur autre chose, et des fois ça aboutit sur un groupe... j’aime bien rester occupé, quand tu as l’habitude de répéter, de faire des concerts, d’enregistrer des disques, c’est difficile d’en sortir, une fois que tu as le pied dedans, c’est un engrenage, et ça fait 10 ans que je fais ça, là je ne me vois pas trop arrêter... d’ailleurs cet été, j’enregistre un nouvel album avec un nouveau groupe (avec des musiciens qui ont joué avec le rockeur new yorkais Kevin K), dans un style power pop grungy, dans le trip des groupes Sub Pop, très années 90s.
Pour répondre à ta dernière question, j’aime bien quand ça file droit... je suis un peu directif, c’est sûr... en général, je n’aime pas me reposer sur les autres, j’aime bien centraliser les trucs, au moins s’il y a un problème, je sais que ça vient de moi... j’ai de plus en plus de mal à faire confiance aux gens, donc j’essaie d’en faire le plus possible par moi-même, « aide toi et le ciel t’aidera ». J’aime pas quand ça flotte, quand ça pinaille... il faut foncer, quitte à faire des erreurs et changer sa technique de travail par la suite, c’est comme ça que tu acquiers de expérience et un savoir faire... je suis hyper actif, il faut toujours que je fasse un truc, je ne suis jamais assis devant la télé, je ne me pose jamais pendant la journée, j’ai toujours un truc en cours, soit pour mes groupes (organisation, site, répétition), soit je joue de mes instruments (guitares, basses), soit je bosse sur mon ordi pour mon site (www.likesunday.com), soit je fais du sport... en dehors des concerts et des tournées, je sors très peu, j’aime bien avoir la tronche dans un truc concret... « l’oisiveté est mère de toutes les tentations » ou un truc du genre, non ?

14- Au début de BZP tu disais ne rien en attendre de particulier... Maintenant que le disque est sorti que les retours sont bons, vois-tu toujours le projet de la même façon ?
Au départ, je voulais juste coucher sur disque les chansons que j’avais de côté, et faire un groupe qui corresponde à ce que j’aime (zik, ciné, comics...). C’est vrai que maintenant le projet est un peu plus établi, le line up semble stable, on a un planning concert qui est organisé longtemps à l’avance, etc... je bosse actuellement sur la suite... un 45t dans un premier temps, avec 2 nouveaux titres, ça sera certainement un Split 45t avec un groupe ricain (en fait ça sera un split Black Zombie Procession / billy Gaz Station), il sera disponible pour notre tournée d’Octobre 2007... puis le deuxième album prévu pour avril 2008, on est en train de contacter des producteurs ricains pour l’enregistrer aux States (un vieux rêve), je suis en attente de réponses, on verra comment ça va évoluer, je devrais en savoir plus dans le courant de l’été...


Merci pour l’interview et bonne continuation dans tes activités.