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INTERVIEW NASTY SAMY POUR LE WEBZINE METAL SICKESS [Mai 2008]

INTERVIEW POUR LE WEBZINE METAL SICKESS [Mai 2008]


"Une fois n’est pas coutume, nous nous intéressons aujourd’hui à un site web, Everyday Is Like Sunday, spécialisé dans la culture underground et qui mélange allègrement la musique de sauvage, les films d’horreur, les séries B et Z... bref, tout ce qui est bon.
Mais de quel cerveau tordu un tel site web peut-il provenir ? Mais de l’ami Nasty Samy bien sûr ! En plus, de participer à de nombreux groupes comme Hellbats, Hawaii Samurai, The Last Brigade, The Black Zombie Procession et bien d’autres, voilà que le bougre tient de main de maître l’un des meilleurs site web français de la culture underground de la toile. Mais comment fait-il ? Est-il un hyperactif ? Dort-il vraiment que 12 minutes par semaine pour gérer tous ses projets ? La réponse est dans ces lignes...
"
-Mr Zède, de Metal Sickness-

Salut Nasty Samy ! Première question qui me vient à l’esprit : peux tu nous présenter ton site web en quelques mots (nom, date de création, pourquoi, comment, avec qui ?...)
Le site EVERYDAY IS LIKE SUNDAY existe depuis maintenant 2 ans.
Pour le nom, je me suis inspiré d’un vieux titre de Morrissey (ex chanteur des Smiths, dont je suis fan). J’avais également choisi ce nom pour une rubrique musicale que j’écrivais dans le fanzine Kerosene (2003-2004). Je l’ai gardé pour faire le lien... J’ai commencé en éditant des petits fanzines photocopiés ou des news-letter (Unwell, There’s a place in Hell for me andmy Friends), puis j’ai collaboré à Kerosene avec ma propre colonne. A la même période, j’ai commencé à écrire une sorte de journal de bord sur le site de mon précédent groupe (Lost Cowboy Heroes, punk rock’n’roll/power pop), dans une rubrique nommée -Nasty Samy’s Values-, où j’y couchais quelques souvenirs de tournée ainsi que des petits billets d’humeur et des chroniques musicales (ou ciné), ou de trucs culturels sur lesquels j’accrochais. Les 2 groupes dans lesquels je jouais (Lost Cowboy Heroes et Hawaii Samurai) se sont séparés, je suis donc entré dans une période où j’avais un peu plus de temps pour me lancer dans un nouveau truc... je ne supporte pas de rester inactif, et je passe pas mal de temps à écrire ou a griffonner du texte ou des chroniques sur des feuillets, j’ai donc pris la décision de faire mon propre site, d’une part pour archiver des articles personnels (des interviews donnés à d’autres webzines, des articles que j’avais écrit pour d’autres fanzines/magazines, les bios de mes groupes, quelques MP3, des visuels, la suite des Nasty Samy Values, etc...) ainsi qu’une partie dédiée à la musique et au cinéma, bref à la (sous) culture que j’aime... j’ai commencé à bosser dessus (un pote me filant un coup de main pour la programmation) gentiment... puis le site a évolué, de nouvelles rubriques sont apparues, les mises à jour étant plus fréquentes (une fois par semaine), la bestiole a muté en un incroyable monstre vorace.
Le site tel qu’il est maintenant est véritablement ce que j’avais en tête... ce n’est ni un site spécialisé dans la musique, ni dans le cinéma... c’est un mixage des deux. Sur la toile, en France, il y a de très bons sites de ciné de genre et d’excellents sites consacrés à la musique et à la culture rock, mais très peu (voir aucun !) ne mélange ces 2 mondes. Everyday is Like Sunday est un site sur la culture bis et underground, au sens large du terme... on y traite de rock, de punk rock, de metal old school, de hardcore, de pop punk, de power pop, de ciné de genre (horreur, gore, fantastique, B et Z...), avec des interviews, des reviews de disques ou de films (sorties ciné ou DVd, et même VHS), des articles, des colonnes, des reports de concerts ou de festivals et tout un tas de fatras qui concerne cette culture de sous le tapis.
Je suis aidé par les membres de la Nasty Team, qui ont déjà tous donné dans le fanzinat, l’animation d’émission radio ou qui sont tout simplement des transfuges d’autres webzines. Il y a eu un peu de mouvement depuis le début, certains ont commencé puis ont décidé d’arrêter pour se consacrer à leur propre fanzine ou parce qu’ils n’avaient plus envie d’écrire, tout simplement. L’équipe actuelle est constituée de Jean Sé (dans les rangs depuis les premiers jours !), de Zakky, de Marquis de Facade, de Montag et du Blob Morlock. Chacun a plus ou moins sa spécialité, musicale ou cinématographique... mais tout le monde reste dans le même esprit, à savoir la musique qui a du caractère et le ciné qui déboîte !

Récemment tu as modifié ton webzine en rajoutant des rubriques. Lesquelles ? Pourquoi ?
Je viens effectivement de créer une nouvelle rubrique : Terror Zone (nom emprunté à un titre de Kreator sur l’excellent album « Coma of Soul »). C’est un complément à la rubrique -Movies- qui traite majoritairement des sorties en salles, des nouveautés donc...
Dans la rubrique Terror Zone, j’écris sur les DVD ou VHS que je regarde chaque semaine ou chaque mois... des blockbusters, des films Z, du gore, du nanar, des thrillers, du film d’action, des films géniaux ou des purges... il n’y a pas de fil conducteur, je balance des reviews des films que je m’enquille, tout bêtement, ça peut être quelques lignes ou des chroniques complètes. Il n’y a pas de règles. C’est une colonne qui se nourrit des films que je visionne, et il y a des périodes où je n’ai pas beaucoup de temps pour m’affaler devant un bon film... ça va de 2 ou 3 films par semaine à 1 film par mois suivant mes autres activités. Sachant que j’essaie d’aller au ciné au moins 2 à 3 fois par mois... c’est ma priorité, rien ne vaut une projection dans une bonne grosse salle avec un bon coca et un paquet de M&M’s.

Tu édites aussi un fanzine. Tu peux nous en dire un peu plus dessus ?
J’ai édité un fanzine en Septembre 2007 (Get in the Crypt), qui regroupe tous les articles écris par mes soins durant la première année du webzine. Ce sont des archives. On y retrouve des chroniques musicales et ciné, ainsi qu’une grosse partie de mon journal de bord (carnet de route et report de tournées avec mes groupes). Je recevais des mails de mecs qui se plaignait du format webzine, que c’était chiant de lire sur un écran, etc... j’ai donc bossé sur un gros volume de 100 pages, version imprimée, avec couverture couleur. Un bon moyen pour moi de remettre un pied dans mon premier délire, le fanzinat. Il est dispo sur le site, dans quelques boutiques de disques indés et je le trimballe sur les stand merch’ de mes groupes. Ce fut un travail de longue haleine, j’ai dû reprendre tous mes textes, les remettre en page, les corriger, les annoter, bref c’était vraiment sympa à faire, un véritable livre... une nouvelle expérience, quoi... du coup ça m’a redonné envie de faire du support papier. Je prépare un nouveau n° pour la rentrée, avec cette fois ci pas mal articles inédits, qui ne seront pas publiés sur le site, des interviews inédites aussi, et toujours une grosse partie d’archives ré-éditées. Encore un gros pavé en perspective.

Combien êtes vous dans l’équipe ? Est-ce que le rôle de chacun est défini d’avance ?
Au total, on est 6. Comme je l’ai répondu dans une question précédente, chacun a plus ou moins sa spécialité... mais tout le monde a carte blanche, chacun traite son sujet comme il le souhaite, suivant l’angle qui lui convient. Certains préfèrent écrire des reviews sur des disques, d’autres sur des films, d’autres sur des livres. Le seul élément qui me tient à cœur est d’être critique... il y a suffisamment de webzines qui ne prennent aucun risque et qui approuvent tout ce qu’ils reçoivent en promo. En ce qui nous concerne, on trie. D’ailleurs on ne parle quasiment que de groupes ou de films qui nous branchent vraiment, contrairement à ce que pensent certains, il n’y a quasiment pas de mauvaises chroniques sur LikeSunday. C’est quand même beaucoup plus agréable de palabrer sur des sujets que l’on adore... Je fais ce webzine dans le même état d’esprit que si c’était un fanzine...
Je ne tiens pas à avoir une équipe trop grosse. Je ne veux pas faire de la quantité, je reste sur une base d’une grosse update hebdomadaire, ça me demande déjà un temps fou, écrire mes articles, mettre en page ces articles ainsi que ceux des collaborateurs. Toute l’équipe est dans le même délire, c’est le même état d’esprit. On n’aime pas tous les mêmes groupes ou les mêmes films mais on évolue tous dans le même univers. Pas forcément sur le ciné, mais au niveau musical (qui représente une grosse partie du webzine), tout le monde à une culture Rock, au sens large du terme (ça peut être du punk rock, du hardcore, du metal, de la noise, de la power pop, du garage, etc).
On se distingue de la plupart des autres webzines... on ne rentre pas dans la case « informative », le rôle du site n’est pas d’informer sur les sorties musicales ou cinématographiques, d’ailleurs on ne traite pas uniquement de nouveautés, on tape aussi dans les oldies... ce qu’on veut, c’est écrire sur des trucs qui nous foutent le gourdin, on est des passionnés, on ne rentre pas dans un délire journalistique à la mord moi le nœud... je ne chronique pas tout ce que je reçois, il y a déjà un choix délibéré des sujets que l’on va traiter. Si ça ne rentre pas dans le cadre du webzine, on passe à côté.
Ce n’est pas le genre de site où l’on ne passe que 2 minutes pour voir ce qu’il s’y passe ou pour lire les dernières news, c’est un site où il faut se poser, avec un bon café brûlant si possible, et prendre le temps de lire... on essaie de s’appliquer sur nos articles, il y a un effort certain d’écriture et de style. On ne s’encombre pas avec des films ou des groupes qui ne correspondent pas à l’esprit que l’on veut véhiculer.
Pour l’esprit, je me suis pas mal influencé de certains sites ricains, qui sont à mon avis un peu moins « figé » que les sites qu’on peut trouver en France, un peu plus référencé aussi... des sites qui ne cherchent pas forcément à plaire à tout le monde...
Après, c’est moi qui gère toutes les updates, j’essaie de trouver le bon équilibre entre musique et cinéma, de manière à proposer des articles un poil variés.

T’as jamais pensé à te lancer dans le court métrage ou quelque chose du genre ?
Pas du tout, c’est un autre univers... je suis passionné de rock et de ciné de genre, rien d’autres. Et surtout, je me considère comme un musicien... je dépense beaucoup de temps, d’énergie (et d’argent !) dans mes groupes, je suis souvent sur la route pour les concerts ou en studio pour enregistrer un nouveau disque. Tout l’aspect technique du cinéma ne m’attire pas du tout. Pour moi, le cinéma, c’est du divertissement, rien d’autre... un bon moyen de faire retomber la pression quotidienne, de passer une bonne soirée avec ma femme ou avec des potes...
J’aime le ciné de genre car je trouve que c’est intimement lié au punk rock ou au rock n roll (ou au metal). C’est le même genre de culture. C’est quelque chose de particulier, qui jongle avec le bon et le mauvais goût et qui se fout de la bonne morale ou du spectateur constipé. Dans les films de genre, comme dans le punk rock, on ne se pose pas de question, on n’intellectualise pas à outrance le propos, et c’est ça qui me branche... c’est fait avec le cœur et les tripes. Idem pour les polars, pour les comic-books et pour tous leurs produits dérivés. J’aime les effusions de sang, la violence, les monstres en tous genres et la musique qui canarde... du spectacle bon dieu !

Le fait de t’investir dans cette culture cinématographique, bibliographique et musicale doit te prendre un temps fou en plus de tes nombreux projets musicaux. Comment tu fais ?
Je passe énormément de temps à bosser sur le site, c’est sûr... j’écris beaucoup, chaque fois que je mate un film, que j’écoute un disque, que je lis un bouquin, que je voyage ou que je pars en tournée, j’ai envie d’écrire, d’en parler et de coucher mes impressions sur papiers... archiver ce que je fais ou ce que j’aime... c’est bizarre... j’adore lire les bios ou mater des documentaires, j’aime partager les tranches de vies des musiciens, acteurs, écrivains que j’aime bien... finalement, je trouve ça plus intéressant que les romans de fiction. C’est comme tomber dans un monde parallèle, avec plein de référence et tout le bazar, ça me parle vraiment...
Je passe également beaucoup de temps sur mes projets musicaux, en ce moment je joue de la guitare dans the Black Zombie Procession (Horror Heavy Punk Rock, dont les thèmes des paroles sont entièrement inspirées de films d’épouvante ou d’histoires sordides !) et de la basse dans the Last Brigade (Grungy Rock Power Pop), et j’ai passé l’année dernière avec Hellbats (Heavy Rock-Crossover Punk Metal, à la basse également), je suis souvent à droite et à gauche.
J’aime bien être en mouvement, je ne supporte pas de rien faire, j’ai un côté hyperactif. Je deviens fou, et irascible, si je sens qu’il ne se passe rien. Alors, je m’occupe et je me lance dans divers projets... c’est d’ailleurs comme ça que j’ai lancé le webzine, quand j’ai connu une petite pause musicale forcée... idem pour le fanzine (format papier), l’été dernier, j’avais un peu de temps, je me suis lancé dans l’aventure... J’essaie de remplir la moindre minute de la journée par un truc concret... je n’ai pas la TV, je ne fréquente pas les bars, quand je suis chez moi je sors très peu (à part pour aller voir quelques concerts et pour aller au ciné) et je déteste perdre du temps... je suis plutôt organisé, je ne dors pas beaucoup, bref j’essaie d’être actif toute la journée... musique, lecture, cinéma et sport, voilà ce qui me branche.
Et il m’arrive même de faire du vélo d’appartement en regardant un film, histoire de perdre encore moins de temps !

Depuis quelques années maintenant, la série B, le gore et le ciné underground devient de plus en plus à la mode voire même mainstream. Comment tu expliques cela ?
A la mode ??? Tu exagères. En tous cas pas mainstream, ça c’est une certitude... (je persiste et signe - la culture underground est super vendeuse en ce moment ! -ndlr Mr Zède).
La plupart des gros films de genre se sont cassés la gueule ces derniers temps (le Tarantino, le Rodriguez, le Halloween de Rob Zombie hyper mal distribué, idem pour Pathfinder, pour Death Sentence, pour the Mist, pour le marché français, certains films atterrissent dans les salles plus de deux ans après sa sortie, comme Shaun of the Dead, Black Sheep, etc). Je suis quasiment seul dans la salle à toutes les séances auxquelles j’assiste ! Tous les films que j’adore se font dilapider par la critique bien pensante... aucun de ses films ne sont présentés dans les festivals de ciné (à part quelques fest hyper pointus qui n’attirent que les geeks).
Le ciné de genre est un sous genre, il n’est pas représenté dans les médias et n’est pas pris au sérieux... exactement comme le rock ou le punk rock dans le monde musical. Essaie de parler des films que tu vas voir à tes collègues de travail ou dans des repas de famille, tu vas voir si c’est mainstream !!! (regarde le merchandising de tous les magasins de djeunes et tu vas voir su la culture underground n’est pas vendeuse !! - ndlr Mr Zède)
Dans le genre horrifique, il y a des cycles... il y a eu un revival des slashers, puis les survivals ont déboulé, puis les films de zombies, puis les vampires, et là les grosses franchises des années 8O sont déterrés, avec des séquelles, des préquelles, des suites, des adaptations... bref, on sent que ça revient, mais tu peux mater la programmation d’un gros ciné lambda d’une ville moyenne (ou même d’une grand ville), sur une quinzaine de films proposés, tu auras au grand max 2 ou 3 films de genre, et souvent les plus inoffensifs... donc, je ne suis pas d’accord avec toi. Avec l’explosion d’Internet, les sous cultures sont devenues plus visibles, et c’est également valable pour le genre horrifique, c’est tout... maintenant, il est assez facile de se documenter ou même de télécharger (ce que je refuse de faire !) des films obscurs ou « cultes », alors que quelques années en arrière il fallait vraiment gratter pour dénicher des classiques ou des films bien barrés... mais ça ne veut pas dire que ce genre a trouvé sa place et s’est imposé dans le reste du paysage cinématographique, loin de là.

Non sérieux, t’as vraiment aimé "Burger Kill" ???
Ce que j’ai écrit dans ma review, c’est vraiment ce que j’en pense... si tu le remets dans son contexte, c’est à dire le slasher de base, la série B qui ne prend pas beaucoup de risque mais qui est assez fun, je trouve que c’est plutôt un bon film. J’adore les slashers de fonds de tiroirs, et j’aime assez le discours sous jacent de Burger Kill et tous les poncifs qu’il accumule volontairement. Je ne vais très certainement plus m’en souvenir dans 3 mois, mais quand j’ai glissé le DVD dans mon lecteur, c’était dans le but de mater un slasher qui abuse... et c’est exactement ce que j’ai eu.

Vos chroniques sont toutes très personnelles et suintent parfois la mauvaise foi (cf "Burger Kill"...ahahah !). Est-ce qu’il y a une ligne directrice précise où chacun peut se lâcher comme il veut ? (cf Bad Chicken avec la métaphore sur la vinasse à bon marché ?)
Comme je l’ai écrit plus haut, tous les rédacteurs qui collaborent au site sont libres d’écrire ce qu’ils veulent, de la manière dont ils le veulent sur les sujets qu’ils choisissent... on ne cherche pas à plaire spécialement, mais on ne cherche pas non plus à blesser, chacun a son style d’écriture et chacun a sa vision des choses... chacun est responsable de ce qu’il écrit et de ce qu’il critique.
Il m’est arrivé de recevoir des mails de groupes un peu grincheux suite à une review en demi teinte, les gars n’ont pas dû comprendre qu’on n’est ni Rocksound ni Hard and Heavy, on ne doit rien à personne, on fait ça par passion, ce n’est pas notre job, donc oui, on est sélectif, et oui on a des avis tranchés sur la musique et le cinéma... après ce degré de passion implique certainement un poil de mauvaise foi, je ne peux le nier, mais ça fait partie du jeu... et ça pimente un peu l’écriture !

Curieusement, il n’y a pas (ou peu) d’interviews relatives à des acteurs, des réalisateurs etc. C’est un choix délibéré ?
C’est moi qui m’occupe de la rubrique Interview, il n’y a pas de règles préétablies sur ça, c’est juste que pour l’instant, on ne m’a pas proposé d’interviews qui me bottaient... c’est donc moi qui choisi ceux que j’ai envie de questionner... contrairement à d’autres sites, cette partie du site n’a pas de but promotionnel. Généralement, je choisi quelqu’un que j’ai rencontré sur la route, avec qui j’ai discuté, avec qui on a échangé pas mal de trucs... ou alors quelqu’un dont je connais vraiment le boulot. Je ne fais pas d’interviews de groupes, ça ne m’intéresse pas... par contre il m’arrive d’interviewer des musiciens, pris à l’écart de leur activité musicale.
En fait j’aime bien poser des questions à des multi activistes, des musiciens qui éditent des zines, qui organisent des concerts, qui animent des émissions radios ou qui gèrent des labels, qui dessinent, qui gèrent des listes de distribution... le musicien qui me parle de sa musique, ça me fait bailler. J’ai deux oreilles pour ça, inutile de palabrer... ce que je veux, c’est des belles histoires, des anecdotes, des tranches de vies, de quoi me faire rêver ainsi que le lecteur du zine... j’aime ceux qui foncent et qui vivent leur vie pleinement ! Je pose les questions qui me taraudent, c’est comme une discussion entre 2 nerds, tu vois ?
Donc, pourquoi pas d’acteurs ou de réalisateurs ? Certainement parce que ça ne m’intéresse pas plus qu’un musicien... il m’en faut plus !

Quelle est la place d’Everyday is Like Sunday sur la toile au côté de sites comme celui de Mad Movies, Horreur.net, etc. selon toi ?
Je ne sais pas... ce n’est pas à moi de te le dire.
Cependant, on ne joue pas sur le même terrain ni dans la même cour. Mad Movies, c’est carrément devenu une institution, une bible, très pointu, très référencé, un mag’ de pro... et le site Mad Movies est complémentaire au magazine, proposant des articles et des reviews inédits. Et Horreur.net, c’est un bon webzine, mais qui ne traite que de cinéma.
LikeSunday, ça brasse plusieurs styles de public... certains ne viennent que pour lire les reviews musicales, d’autres pour le ciné, d’autres picorent dans les deux, je sais que certains aiment bien mon Journal de Bord qui effleure quelques sujets marrants et qui tape un peu à l’aveuglette... puis il y a des colonnes et divers textes, ce n’est pas figé, il n’y a pas qu’un seul profil de visiteurs... il y a clairement un esprit fanzine punk rock-indie qui s’en dégage, et que certains apprécient... il y a aussi un côté artisanal. Et puis c’est un site encore très jeune, 2 ans, c’est peu... ça évolue de mois en mois. En tous cas je suis très excité de voir la tournure que va prendre cette monstruosité...

Comment tu expliques que les entrées n’ont jamais été aussi nombreuses (et chères) et que le cinéma français d’horreur ne marche pas bien ? Pourquoi on nous ressert toujours les mêmes comédies françaises sur le mal-être d’un(e) trentenaire célibataire, selon toi ?
Alors, tu vois bien que le cinéma d’horreur est loin d’être mainstream !!! (le cinema d’horreur français n’est pas mainstream non. Celui anglo saxon ou asiatique l’est de par chez nous ! - ndlr Mr Zède)
Déjà, en France, on n’a pas cette culture du divertissement... de l’entertainment, comme disent les ricains... c’est comme pour le rock, c’est pas notre truc. Ici on préfère la chanson à texte, la musique festive, les films d’arts et essais, se gratter la barbichette sur des sujets foireux et boire du vin sur des terrasses de cafés...
Et surtout, on n’a pas le blé pour proposer des films corrects, on n’a pas la grosse artillerie et les gros studios des ricains. C’est surtout un problème logistique, donc économique. Les boîtes de prods françaises préfèrent miser sur une comédie familiale que sur un film violent et extrême. Alors, que ce n’est pas forcément le cas aux USA.
En France, on est ligoté par notre fameuse « exception culturelle », tout doit être prétendument artistique et culturel. Un quarantenaire qui déprime dans un appartement vide pendant une heure et demie, avec deux lignes de dialogues et un acteur hyper maniéré, les critiques crient au génie ! On ne peut pas lutter contre le mauvais goût culturel français, c’est beaucoup trop carabiné !

Depuis peu des gens comme Alexandre Aja pointent le bout de leurs nez aux States. Pourquoi cette fuite de notre si beau pays pour que ça marche ? En France les films d’horreur/gore sont estampillés comme des films de merde avant même leur sortie ?
Parce qu’ils ont le blé, les bons outils de travail, la bonne distribution et surtout le public ! Pourquoi se faire chier ici, alors que là bas, tu peux bosser avec des équipes techniques incroyables, des acteurs qui ont la classe, des maquilleurs géniaux, des sociétés d’effets spéciaux les plus cartons du monde et des budgets conséquents ?
Comme on l’a vu dans la question précédente, dans notre doux pays, si tu n’agites pas le drapeau pseudo culturel ou la grosse grivoiserie de base, tu n’as aucune chance. On a le choix entre les films qui font dormir et les films qui font vomir !
L’ « exportation » de nos réalisateurs, je pense que c’est une bonne chose... la preuve, le Haute Tension de Aja (prod’ française) et la Colline a des yeux (prod’ américaine) sont incomparables. D’un côté un film attachant, bien ficelé mais bricolé et surtout assez bancal, de l’autre une grosse tuerie qui écrase tout sur son passage (même l’original de Wes Craven !).
Perso, qu’un film soit estampillé français ou ricain, je m’en tamponne, tant que c’est un bon film... de plus en plus de réalisateurs traversent l’Atlantique, c’est bien, ils peuvent enfin bosser dans de bonnes conditions et proposer des films qui tiennent debout.

Le cinéma de genre français, ça t’inspire quoi ?
J’ai partiellement répondu dans les questions précédentes, non ? Ca ne m’inspire pas grand chose ! Il y a quelques bonnes intentions, mais malheureusement rien de véritablement bandant... les films horrifiques français qui sortent du lot sont à mon avis à peine au niveau d’une série B très moyenne américaine. Je suis un peu dur, mais réaliste.
Ces dernières années, j’ai bien aimé Haute Tension, Maléfique, Calvaire, A l’intérieur, et c’est à peu près tout. L’esprit de ces films est vraiment bonnard, on sent que c’est réalisé par des réal’ passionnés, mais qu’ils sont bridés par un manque évident de moyens. C’est toujours un peu cheap, il faut l’avouer. Souvent bricolé, mal ficelé, avec des acteurs à côté de la plaque (Diantre ! Je m’insurge ! Philippe Laudenbach dans "Maléfique" est exceptionnel ! - ndlr Mr Zède).
Par contre, je ne m’étendrai pas sur Sheitan et Frontières, deux grosses bouses irrespectueuses du genre et de ses fanatiques. Deux films lamentables, véritables nanars putassiers et racoleurs qui enfoncent le genre bien profond dans la fosse septique.

Qui s’est chargé de l’habillage et du design du site ?
Tous les visuels ont été choisis par mes soins, j’ai décortiqué ma collection de Mad Movies, de Toxic, de Enfer Mag, de Metal Hammer et de Rage Magazine de l’époque ! Je m’occupe également du choix des flyers et des différents visuels promos (le site myspace aussi). Et c’est un pote (Jean Sé, également chroniqueur sur le site) qui bidouille ça sous Photoshop pour concrétiser mes envies !

Qu’attends-tu d’Everyday Like Sunday à court et long terme ?
Je veux en faire un site complet et référencé, qui parle à tous les dingues de culture underground... ceux qui aiment le bon ciné d’horreur et le bon rock qui tache ! J’espère garder un bon équilibre dans l’équipe rédactionnelle, c’est important, ça varie les articles, et c’est bien d’avoir des collaborateurs impliqués, ça tire les choses vers le haut, quoi...
En tous cas, je veux vraiment garder ce doublon rock/ciné de genre, ne pas en privilégier un au détriment de l’autre. J’espère aussi garder cette moyenne d’une grosse update par semaine, ça permet de « domestiquer » les visiteurs. Pour le reste, l’évolution se fera naturellement, suivant nos goûts et notre motivation, comme c’est le cas depuis le premier jour de la mise en ligne...

Tes coups de cœur cinéma/DVD du moment ? (Attention : "Burger Kill" ne compte pas...)
J’ai passé plus d’un mois sur la route pour des concerts et pour enregistrer le nouvel album de Black Zombie Procession, donc les derniers films vus au ciné remontent au mois dernier :
Doomsday (excellent flick post apocalypse ! Influencé par toutes les croûtes du style qui sévissaient dans les années 80 ! Ca part dans tous les sens, mais c’est très jouissif !)
t the Mist (géniale adaptation d’une des meilleurs nouvelles de Stephen King. Une des fins les plus nihilistes de l’histoire du ciné ! J’ai adoré !)
John Rambo (le meilleur film de 2008, sans aucune hésitation)
Et j’attends avec impatience le nouveau Indiana Jones !


Idem pour les DVDs, je viens de rentrer donc c’est assez calme...
Halloween de Rob Zombie (je ne suis pas un fan absolu des films de Rob Zombie, j’aime bien son univers mais je trouve que ses films ne sont pas très francs du collier, c’est beaucoup plus soft et timide que ce qu’il essaie de nous faire croire, et c’est malheureusement trop tape à l’œil pour être honnête, trop scolaire aussi, pas beaucoup de prise de risque... il reste cependant un réalisateur actuel qui sort du lot, c’est un passionné, et son passif dans l’univers rock avec White Zombie lui confère un petit côté cool qu’il mérite bien... sa relecture du classique de Carpenter a les défauts de ses autres films, c’est un peu tapageur et très cliché, mais ça reste une série B bien efficace)
Going to Pieces « the Rise and Fall of the Slasher Film » (Documentaire sur le l’histoire des slashers movies, un import, très intéressant ! Si vous voulez en savoir plus sur tous les grands classiques qui sont en train d’être réadaptés ou qui vont bientôt l’être, genre Black Christmas, Prom Night, etc... c’est gavé d’interviews de réalisateurs de l’époque, ancienne école à fond !)
TAD « Busted circuits and Ringing ears » (Documentaire musical sur un des plus grands groupes de la vague de Seattle durant les années 90, le croisement de Black Sabbath et de Black Flag avec un univers qui pioche dans des thèmes assez malsains -les serial killers, etc...-)
Salem’s lot (adaptation d’un livre de Stephen King par Tobe Hoper, ça a pris un gros coup de vieux mais ce petit côté cheap est assez attachant)
Basket Case (Encore un classique de ciné gore à tendance Z, complètement fauché mais assez génial)

Quels sont tes festivals et projection à venir ?
Chaque année, je me déplace au festival fantastique de Gerardmer pour y voir les grosses sorties avant leur arrivée sur grand écran, et pour me gaver de petits direct to video juteux... la sélection est en dent de scie, du bon et du moins bon, même si la dernière édition (2008) était vraiment très cool.
L’été dernier, je me suis déplacé pour la première édition du Week End de la Peur, dans le Sud (vers Cannes). Une sélection Z, gore et cheap, pas mal... mais malheureusement gâchée par une organisation catastrophique. En espérant que ça s’arrange pour les futures éditions (s’il y en a !). Dans les mois à venir, rien de prévu... peut-être un fest en Suisse (Neuchatel) si la prog’ ne fleurte pas trop avec le ciné asiatique ou les bizarreries arty...

S’il y a une question que je ne t’ai pas posée et à laquelle tu espérais fébrilement tant répondre...c’est à toi !
Quels sont tes 3 films préférés avec Schwarzenegger ?
Conan le Barbare, Terminator 2 et Last Action Hero !

Un message pour les (millions de) lecteurs de Metal Sickness ?
Stay Metal and Stay Sick !