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INTERVIEW NASTY SAMY pour le magazine PUNK RAWK (

 

PUNK RAWK n°39 (été 2008)

INTERVIEW (intégrale) de NASTY SAMY par Guillaume Circus, pour la promo du nouvel album de BLACK ZOMBIE PROCESSION "Mess with the Best, Die like the Rest" (Kicking Rds/Vampire Rds/Dog Days Rds).


Interview par email, complète et non coupée. La version parue dans le magazine est beaucoup plus courte.

1- Deuxième album en moins de 2 ans pour BZP, avec au milieu un split 45t plus un album de Hellbats et Last Brigade dans lesquels tu joues de la basse. Tu penses tenir la même cadence pendant longtemps ?
Le temps qu’il faudra ! A chaque fois c’est des opportunités qui se présentent... ces deux dernières années, c’est vrai que ça été chargé mais rien n’a été calculé. En ce qui concerne BZP, le 1er album est sorti fin 2006 et l’année dernière on a partagé un split EP avec Billy Gaz Station, ce qui fait une prod’ par an... ce qui est, selon moi, le minimum syndical qu’un groupe doit fournir. Dans les années 60 et 70, la plupart des groupes sortaient jusqu’à 2 disques par an... autre temps autre mœurs, maintenant la tendance c’est d’attendre 4 ans entre chaque albums.
Quitte à jouer dans un groupe, autant enregistrer des disques et faire des concerts, non ?
Dans le futur, je ne sais pas trop comment ça va se passer, pour l’instant on vient de sortir un nouvel album « Mess with the Best, Die like the Rest », on va en faire la promo et on verra ce que l’avenir nous réservera.

2- Pour le premier album, c’est toi qui avais tout composé de A à Z, en a-t-il été de même pour « Mess with the best, die like the rest » ?
J’ai effectivement composé une grosse partie du nouvel album. Jeremy (le bassiste) et Forest ont chacun composé un morceau.

3- Forest est maintenant le chanteur à part entière du groupe mais on retrouve quelques guests vocaux. Qui sont-ils ? Pourquoi les avoir invité sur l’album ?
Il n’y a qu’un seul invité. Elie le chanteur d’Hellbats est venu chanter sur le titre « Bugs ». J’avais à l’origine composé ce morceau pour Hellbats, que l’on jouait déjà sur scène... Vu que le groupe est actuellement plus ou moins en stand by, j’ai récupéré le morceau et j’ai demandé à Elie s’il voulait enregistrer ses voix sur le morceau.

4- Comment s’est fait le choix d’aller enregistrer chez Christian Carvin ? C’est pour coller à l’évolution un peu plus heavy des morceaux ? Quelle était l’ambiance dans sa villa reculée du sud de la France ?
Pour ce nouvel album je voulais effectivement une production un peu plus massive, plus millimétrée. Comme sur le premier album, le spectre musical est assez large mais ça reste toujours orienté grosses guitares et gros riffs.
L’ambiance dans les studios est toujours la même, avec les yeux rivés sur l’horloge car malheureusement, on ne peut pas toujours se permettre d’y rester autant qu’on voudrait. Christian Carvin est un ingé son hyper sérieux, précis et très méticuleux... on a travaillé vite, il s’est bien impliqué dans le projet. L’ambiance était donc au travail.

5- Musicalement, dans l’ensemble, les compos sont une sorte de mix entre punk rock mid-tempo aux lignes de chant mélo et heavy metal aux niveaux de certains riffs et solos de guitare, pour arriver à un résultat original mais peut être quelque peu déroutant, « le cul entre deux chaises ». A quel public s’adresse finalement BZP ?
Je ne pose pas de savoir à quel public je m’adresse quand je compose un morceau... Déroutant ? Il t’en faut peu.
Certains groupes ajoutent des éléments folk, ou country, ou raggae, ou ska, ou new wave ou même de la musique traditionnelle irlandaise à leur punk rock... par contre, le mélanger avec quelques influences heavy, c’est déroutant ? Ouais, si tu veux... ça fait un bon style ça, du punk rock déroutant.
Maintenant, il faut mettre des autocollants sur les boîtiers CD pour bien expliquer quelle musique on fait pour le consommateur (et aussi peut-être pour les journalistes), on va donc également en mettre un sur ce nouveau disque... on ne voudrait quand même pas passer pour des incompris. Qu’est ce qu’il y aura marqué dessus ? « Pour fans de the Wildhearts, Hot Water Music, Propaghandi, Rich Kids on LSD, Megadeth et Ronnie James Dio ».
Ça t’aide un peu ? T’es un peu moins dérouté, là... ?

6- Contrairement aux autres groupes dans lesquels tu a joué (ou joues), il y a une grosse cohérence dans BZP, de tout ce qui est extra musical (artwork, textes, nom du groupe, des morceaux...), tournant autour de la culture horrifique. C’est pour toi indissociable à ce projet ? N’as-tu pas un jour peur de justement « tourner en rond » ?
Faux. C’était déjà le cas avec Hawaii Samurai, dont le délire tournait autour des films Z, de la science fiction cheap, des comics, des super héros, des aliens, avec des visuels ou des illustrations très référencées, etc... et c’était également le cas avec Hellbats, qui véhiculait aussi une imagerie liée à l’horror rock. Donc rien de très nouveau, j’ai juste ciblé le truc sur toute cette culture horrifique et bis que j’affectionne.
Mêler cette imagerie de zombie avec des textes qui font référence à des films ou à des comics... c’est pas nouveau, mais finalement ça m’excite un peu plus que d’écrire sur des lendemains de cuite ou des histoires d’amour à la mord moi le nœud. Donc oui, c’est indissociable, c’est aussi un peu la continuité de mon site EVERYDAY IS LIKE SUNDAY (www.likesunday.com) qui traite de la musique énervée et du cinéma de genre. C’est la culture qui m’intéresse. Je suis un gros fan de films d’horreur, de comics, de délire teenage, etc. Faire côtoyer cette sous culture avec mon amour du punk rock, du hard rock et de la power pop, je pensais que ça serait une bonne idée. Mais ça n’engage que moi... et c’est pourquoi on n’essaie pas de s’imposer de limites musicales. On peut envoyer du gros rock mid tempo, puis des passages plus old school puis quelques riffs bien metal, toujours en laissant beaucoup de place aux mélodies ... c’est bon esprit.
Sur notre premier album, il y a avait même 2 titres de surf music. Parce que pour moi, tous ces styles sont étroitement liés. Et ces genres de rock sont à la musique ce que les slashers, ou les films gores sont au cinéma. C’est le même délire. Tourner en rond ? Bof, pas plus que les groupes qui font des chansons qui traitent de bière et de baise.

7- La pochette de l’album confiée aux bons soins d’Ed Repka (dessinateur pour entre autres Megadeth, Death, Misfits, Municipal Waste, Evil Dead, Necros), c’est la réalisation d’un rêve de gosse ? A ce propos quel est le prochain ? Faire un footing et soulever de la fonte avec Henri Rollins, jouer pour Morrissey... ?
Yep, c’est vraiment cool. J’ai un paquet de pochettes de disques qui ont été dessinées par lui. Dont un de mes préférés de tous les temps : « Rust in Peace » de Megadeth.
La règle pour BZP, c’est de collaborer à chaque nouveau disque avec un nouvel illustrateur. Pour ce disque, j’avais fait une liste de mecs avec qui j’aimerais bosser. Ed Repka était le premier sur cette liste, je l’ai contacté sans trop y croire et il m’a répondu le jour même me disant que le projet l’intéressait. On s’est échangé quelques mails et je lui ai fait une description exacte de ce que je voulais. Et le résultat est vraiment au dessus de nos attentes... complètement ancré dans notre délire.
Un autre rêve, ça serait d’enregistrer avec le producteur Jack Endino... ou encore tout laisser tomber pendant 6 mois ou 1 an pour voyager à travers les Etats-Unis, visiter toutes les plus grosses villes et les coins les plus paumés, histoire d’en voir toutes les facettes. Ca arrivera très certainement dans un futur plus ou moins proche.
Pour le reste, il n’y a pas de rêves inaccessibles, juste beaucoup de boulot à abattre.

8- Pour terminer, peux-tu nous dire pour quand est prévue l’attaque destructrice des zombies sur les routes françaises ?
On sera sur la route pendant une dizaine de jours en Octobre 2008 pour la première tournée promo de cet album. On enchaînera avec une autre tournée début 2008.