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INTERVIEW NASTY SAMY pour le fanzine PARANOIA (Novembre 2009)

Interview publiée dans le dernier numéro du fanzine Paranoïa (de Marseille), Novembre 2008, pour la promo de l'album de Teenage Renegade.


1) Tout d’abord parlez moi de la pochette, dans le style Scoubidou version 90 ?

C’est Mark Rudolph, un illustrateur américain, qui l’a réalisé. Je t’avoue que Scoubidou n’était pas spécialement ce qu’on avait en tête quand on l’a contacté pour une collaboration. Ni dans la sienne, je pense. On aime bien son travail, il a un style qui fonctionne bien avec notre univers… Il est branché comics, science fiction et culture de genre (films d’horreur, etc), ça correspond bien à notre univers d’ados retardés… N’hésitez à visiter son site : www.cvcomics.com
Je l’ai également interviewé pour le prochain numéro de mon zine (Everyday is like Sunday), un mec très intéressant et très généreux quand il s’agit de parler de sa discipline et de son travail.
Je précise que je bosse à chaque fois avec un illustrateur différent, souvent des ricains d’ailleurs, qui sont souvent plus ciblés/spécialisés sur les trucs que je recherche… Que ce soit pour Teenage Renegade ou mes autres groupes (the Black Zombie Procession, etc), j’essaie de collaborer avec un max d’illustrateurs pour les art-work des disques ou du merch. Moi et Madame Nasty sommes de gros fans de comics et de romans graphiques… A chaque disque, on en profite pour bosser avec un mec dont le travail nous botte bien… Pour la pochette du split 7’ à venir (partagé avec Billy Gaz Station), c’est Pat Moriarity, encore un mec hyper sérieux (de Seattle), qui s’y ai collé… Pour les curieux, voilà son site : www.patmoriarity.com

2) Teenage Renegade c’est un peu une histoire de famille?
Effectivement, puisqu’Erin et moi sommes mariés. C’est un groupe qui fonctionne autour de nous deux. Sur l’album, j’ai joué les guitares et les basses, 3 batteurs sont venus me filer un coup de main… Et pour les concerts et tournées, on s’entoure de backing bands différents. Là, pour la prochaine tournée (Kicking Tour, 3 semaines), ce sont les mecs de Billy Gaz Station qui nous accompagneront. Celle d’avant, c’était les mecs de Nedgeva.
Pour le reste, je compose la zique, de son côté elle écrit les paroles et trouve les lignes mélodiques. On est sur la même longueur d’onde. C’est cool de pouvoir partager un projet musical (donc créatif) ensemble. Je suis souvent sur la route (je joue dans plusieurs groupes), il ya des périodes où on ne se voit pas beaucoup, donc Teenage Renegade, c’est aussi un moyen de voyager ensemble et de partager des trucs que peu de couples partagent, finalement.

3) L’album a beaucoup d’intonations dans le style 80’s que vous-même vous qualifiez. Pourquoi ce choix ?
Notre délire est intimement lié à l’univers des teens-movies (les films de John Hugues, en l’occurrence), des comics et de ce genre de culture… Pourquoi les 80s ? Parce que c’est notre génération. Je suis né à la fin des 70s, j’ai donc traversé les années 80s, cette décade à façonné mes goûts et mon éducation culturelle… les films, la musique, les bds, les livres, etc… C’est une décade assez typé, et on s’y retrouve bien… On éprouve une douce nostalgie pour cette période, et c’est une sorte d’hommage, de tribut à nos jeunes années. C’est ce qui a façonné ce premier album de Teenage Renegade, musicalement mais aussi graphiquement.

4) C’est assez fun et jovial. Y-a-t-il un message que vous voulez faire passer au travers de votre musique ?
Jovial et Fun ? C’est bizarre, tu es le premier à nous dire ça… Ce n’est pas du tout dans cette direction là qu’on veut aller cependant… Je dirais plus que la couleur de ce disque est nostalgique et mélancolique. Et c’est souvent ce qui ressort des reviews et des commentaires liés à notre premier album. C’est du punk rock péchu, toujours mélodique et assez calibré, certes, mais honnêtement je ne crois pas du tout que ce soit une musique « fun » et « joviale». Ces deux termes n’ont jamais caractérisé la musique des groupes dans lesquels je joue…
Notre musique et notre univers traitent d’une période révolue, l’adolescence, et des souvenirs qui y sont liés qui s’effacent avec les années, c’est une sorte de passé fantasmé… C’est pas une musique triste, mais il y a une fibre nostalgique, c’est certain.
Nofx est un groupe fun et jovial… Samiam est un groupe « mélancolique ». Il y a une grosse différence. Je ne dis pas qu’on ressemble à l’un ou à l’autre, c’est juste un exemple pour pointer une petite différence de couleur… Et je pense que la nôtre de couleur est davantage centrée sur une forme de punk rock mélodique old school… avec des riffs, et des arrangements qui rendent l’ensemble tout sauf fun et jovial.

5) Sur votre myspace on y retrouve des photos de Breakfast Club, Parker Lewis, etc.. Qu’est-ce qui vous attirent dans cette période 80’s/90’s ?
Heu, c’est la même question que la n°3, non, je me trompe ? Comme je te l’ai dit, ce sont deux périodes qu’on a traversé du début à la fin, en y prenant ce qu’il y avait de bon, la plupart de nos souvenirs s’y rattachent, c’est normal. Au niveau musical, c’est une période vraiment très classe (dans tous les styles, du punk rock au hard rock, en passant par le hard core), idem pour les films, (les meilleurs films teens et les meilleurs films d’horreur datent des 80s et du début des 90s) et les comics… Même notre nom fait référence à nos années lycées… et je trouve que c’est important qu’un groupe ait son propre univers, son propre délire… En ce qui nous concerne, ce délire teen, cette imagerie d’ado (cheerleaders, etc), c’est notre gimmick.

6) Avec le recul comment trouvez-vous votre album ?
Du recul, on n’en n’a pas beaucoup puisqu’il est sorti il y a seulement quelques mois et qu’on tourne actuellement intensivement pour en faire la promo… On est fier de ce disque, ça marquera la première année de notre collaboration musicale… C’est le premier disque d’Erin, c’est sa première expérience dans un groupe, c’est important pour elle. Plus globalement, je pense qu’on a réussi à concrétiser ce qu’on avait en tête, la production est cool (Christian Carvin aux manettes), le disque est assez généreux, il y a plusieurs couleurs musicales, ça envoie lourd tout en restant assez fin… C’est calibré et mélodique, la voix lead féminine apporte une touche singulière, c’est sûr… Je pense qu’on a une personnalité et qu’on n’appartient pas vraiment à une scène en particulier. C’est du punk rock mélodique moderne, voilà, mais on ne se limite pas spécialement à ce créneau. On a des titres plus heavy, d’autres plus power pop, on ne se bride pas, et sur scène on joue quelques covers de groupes assez pointus (Agent Orange, Tumbleweed, Riverdales, etc) … On tient vraiment à avoir une personnalité, ne pas tomber dans le panneau d’un style prédéfini avec tous les clichés qu’il traîne. Les gens qui ont écouté l’album semblent avoir du mal à le catégoriser : pop punk, punk rock mélodique, power pop, rock 90s ? C’est un peu tout ça à la fois…
Je sors des disques toutes les années depuis plus de 10 ans donc pour moi ce n’est plus spécialement un « événement », mais je pense que quand je le ressortirai dans quelques années et que je l’écouterai à nouveau, j’en serai encore satisfait. Et sur le disque, on peut palper nos deux personnalités, elle est américaine, donc le délire high school et compagnie, c’est un truc qu’elle a vécue de l’intérieur… et pour l’accent, la prononciation, l’interprétation et les paroles, c’est un plus, c’est évident.

7) En fait, vous êtes toujours des adolescents rebelles au fond de vous ?
Ton deuxième nom, ça ne serait pas Sherlock Holmes ?
Yep, je suis un ado de 32 piges, un diplômé du dernier rang qui ne s’intéresse à rien d’autre qu’à sa collection de guitares, de disques, de livres, de fanzines, de DVDS/VHS et de comics… j’avoue, honte sur moi!
Merci pour l’interview et l’intérêt porté à nos activités.
Toutes les infos sur : www.myspace.com/teenagerenegade
Le site de notre label : www.kickingrecords.com